En pays bombardé
Mère et enfant munis de masques à gaz
Rol, agence photographique, Paris, 1918.
Négatif sur verre, 13 x 18 cm
BnF, département Estampes et photographie, EI-13 (585)
© Bibliothèque nationale de France
Les violences à l’encontre des civils constituent un fait majeur de la Première Guerre mondiale, observable surtout, pour le front ouest, dans les premiers temps de l’avance allemande en Belgique et dans le Nord de la France, en zones qui demeurent « occupées » pendant la durée du conflit.
Pendant la guerre, en raison des innovations techniques comme l’artillerie de longue portée ou les lourds obus aériens, les civils sont devenus des cibles. Les masques à gaz distribués aux femmes et aux enfants dans les zones touchées par les attaques aux armes chimiques témoignent ainsi des violences directes sur les civils. Mais ce document de propagande souligne aussi le dénuement extrême de cette mère et de son enfant, et appelle les soldats à combattre pour défendre leur famille ainsi exposée de manière inique. Ces deux figures touchantes et démunies symbolisent toute la violence et la misère infligée aux civils par la guerre moderne, intégrale, sans pitié. Ainsi le souvenir des brutalités de l’occupation (viols, exécutions, mutilations, brutalités des réquisitions et de la présence des soldats au quotidien), ou des souffrances dues aux déplacements et déportations, contribue à provoquer l’exode et l’afflux de réfugiés vers le sud, en juin 1940.
 
 

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