A Saint-Eloi : des paysans reconstruisent des baraques en bois sur les ruines de leurs maisons
Rol, agence photographique, Paris, 1916.
Négatif sur verre, 13 x 18 cm
BnF, département Estampes et photographie, EI-13(2559)
© Bibliothèque nationale de France
Les campagnes « tiennent » tout au long du conflit. Mises à contribution immédiatement, pour assurer les moissons en août 1914, les femmes s’organisent peu à peu, aidées des hommes jeunes et plus âgés non mobilisés, puis d’une main d’œuvre de réfugiés belges, d’Espagnols, ou pour la première fois, d’ouvriers d’Algérie et de Tunisie. Elles sont aussi parfois amenées à accepter l’aide de prisonniers allemands, plus souvent employés en équipes encadrées par des militaires. Les récoltes de 1914 et 1915 sont très bonnes, mais dans les années suivantes, la pénurie de main d’œuvre agricole se fait sentir, et le nombre de terres cultivées se réduit. Le lent déclin des campagnes s’amorce, même si la solution, au sortir de la guerre, passe par une mécanisation progressive.
Pourtant, si le travail y est rude, les campagnes connaissent une relative prospérité pendant la guerre, et souffrent moins de la hausse des prix des denrées alimentaires que les villes. Mais dans les régions occupées soumises à des coupes réglées par les Allemands, ou dans celles proches des combats, dont les populations ont fui en grande part, le monde paysan est fortement perturbé. La « zone rouge » réputée irrécupérable car dévastée, aux villages parfois entièrement rasés – comme sur cette photographie de presse d’un village en ruines – , à la terre polluée en profondeur par les armes chimiques, est néanmoins réduite après-guerre, à la demande des populations elles-mêmes, qui souhaitent reconstruire les villages et remettre les champs en culture.
 
 

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