La vie chère à Paris
Rol, agence photographique, Paris, 1918.
BnF, département Estampes et photographie, EI-13 (614)
© Bibliothèque nationale de France
Les enfants des pays belligérants expérimentent la guerre au quotidien. Pour la plupart d’entre eux, tous âges confondus, les années du conflit sont avant tout synonyme de privation. Certes il existe une grande différence entre les zones occupées par l’ennemi (le nord et l’est de la France, dès les premières semaines du conflit), où le pillage par l’armée d’occupation est systématique, et celles plus en arrière du front, où seul le rationnement, surtout en ville, finira par se faire lourdement sentir. Néanmoins la faim et le manque, les pénuries de toutes sortes, qui entraînent un renchérissement des denrées, sont la marque des années de guerre et même longtemps après. Les enfants, plus fragiles, en sont les premières victimes, et s’en plaignent dans leurs journaux privés, de même qu’ils souffrent du froid, de l’attente, du deuil. Leurs dessins attestent aussi d’une réelle et effrayante proximité avec la guerre : les représentations des combats au front ou des bombardements sont très réalistes. Les enfants n’hésitent pas à témoigner par écrit ou par le dessin des horreurs de la guerre : mutilés, ennemis faits prisonniers, les combattants ne sont pas seulement vus en héros, contrairement à l’image que souhaite promouvoir auprès d’eux la propagande adulte.
 
 

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