La tranchée
Série "C'est la Guerre". I
Félix Vallotton (1865-1925), Paris, 1915.
Gravure sur bois ; 177 x 223 mm
BnF, département Estampes et photographie, DC-292 (C, 2 bis)-FOL
© Bibliothèque nationale de France
La difficulté à représenter la violence extrême

Félix Vallotton chercha sans succès à s’engager volontairement en raison de son âge. Cependant, comme d’autres de ses compagnons Nabis, il a été envoyé sur le front par l’armée comme peintre officiel pour constituer une iconographie de la guerre. Vallotton, comme Bonnard et Vuillard, renoncera sans pouvoir exécuter la grande œuvre patriotique attendue : « Peindre aujourd’hui, ce n’est plus peindre des tableaux de bataille », dira-t-il, en se demandant si les théories du cubisme naissant ne seraient pas encore les meilleures à appliquer à cette guerre. Cette estampe encore proche du style Nabi (style marqué par l’illumination de l’artiste qui ne saurait se contenter de restituer le réel mais cherche à en extraire des « signes ») illustre une explosion unique sans donner à sentir l’éclatement infernal de la guerre tel qu’il est décrit par Henri Barbusse dans son récit Le feu. Journal d’une escouade : « Les bois fauchés comme du blé, tous les abris repérés et crevés même avec trois épaisseurs de rondins, tous les croisements de route arrosés, les chemins fichus en l’air et changés en des espèces de longues bosses de convois cassés, de pièces amochées, de cadavres tortillés l’un dans l’autre comme entassés à la pelle. »
 
 

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