Discours de Jean Jaurès au Pré Saint-Gervais contre la loi de 3 ans de service militaire devant 150 000 personnes
Meurisse, agence photographique, Pré Saint-Gervais, 25 mai 1913.
Photographie négatif sur verre ; 13 x 18 cm
BnF, Estampes et photographie, EST EI-13 (268)
© Bibliothèque nationale de France
Depuis 1912, les socialistes et les opposants à la guerre manifestent régulièrement leur mécontentement en se retrouvant notamment sur la butte du Chapeau-Rouge, devenue le rendez-vous habituel des pacifistes.
Au début de 1913, l’Allemagne augmente ses effectifs militaires. Pour maintenir un nombre de soldats équivalent, la France envisage de prolonger d’un an le service militaire, le faisant passer à trois ans.
Pour le président de la République, Raymond Poincaré, « il n’est possible à un peuple d’être efficacement pacifique qu’à la condition d’être toujours prêt à faire la guerre ». Un projet de loi est déposé le 6 mars à la Chambre des députés. Jaurès mobilise l’ensemble du mouvement ouvrier contre ce projet en réactivant son antimilitarisme et son pacifisme.
Dès le 16 mars 1913 se déroule à la butte du Chapeau-Rouge un rassemblement contre le projet de loi. "Le drapeau rouge, tout pur de marques et d’insignes, je retrouverai toujours pour lui l’œil que j’ai pu avoir à dix-sept ans, quand, au cours d’une manifestation populaire, aux approches de l’autre guerre, je l’ai vu se déployer par milliers dans le ciel bas du Pré-Saint-Gervais", témoignera André Breton.
Le congrès national de la SFIO, le 23 mars, marque également l’opposition farouche à cette loi.
Le rassemblement du 25 mai, initialement prévu salle Wagram, à Paris, pour commémorer la Commune de Paris, est interdit. Contournant l’interdiction, la manifestation est transformée en un rassemblement pacifiste à la butte du Chapeau-Rouge. Jaurès, hissé sur un camion armé d’un drapeau rouge, fait vibrer la foule.
Le projet sera finalement voté en juillet à la Chambre des députés par 339 voix contre 223, puis au sénat. Le 31 juillet 1914, Jaurès est assassiné par Raoul Vilain au café du Croissant à Paris.
 
 

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