Calligrammes : poèmes de la paix et de la guerre : 1913-1916
Guillaume Apollinaire (1880-1918), auteur, 1918.
BnF, Réserve des livres rares, RES P-YE-1571
© Bibliothèque nationale de France
Je n'oublierai jamais ce voyage nocturne où nul de nous ne dit un mot
O départ sombre où mouraient nos 3 phares
O nuit tendre d'avant la guerre
O villages où se hâtaient les
MARECHAUX-FERRANTS RAPPELES
ENTRE MINUIT ET UNE HEURE DU MATIN
Vers LISIEUX la très bleue
Ou bien
Versailles d'or
Et 3 fois nous nous arrêtâmes pour changer un pneu qui avait éclaté
La petite auto
Le 31 du mois d’Août 1914
je partis de Deauville un peu avant minuit
Dans la petite auto de Rouveyre
Avec son chauffeur nous étions trois
Nous dîmes adieu à toute une époque
Des Géants furieux se dressaient sur l’Europe
Les aigles quittaient leur aire attendant le soleil
Les poissons voraces montaient des abîmes
Les peuples accouraient pour se connaître à fond
Les morts tremblaient de peur dans leurs sombres demeures
 
 

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