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La guerre de 14-18

Fiches pédagogiques à télécharger

 

L'opinion publique française en 1914 entre pacifisme et bellicisme ?

L’historien Jules Isaac nous révèle, en 1933, dans Un débat historique : 1914, le problème des origines de la guerre, l’état d’esprit de ces jeunes hommes qui répondent à l’appel de mobilisation générale le 1er août 1914 : « Avant on parlait de la paix et de la guerre, mais (nous, du moins, ceux des générations nées après 1870), on ne savait pas de quoi on parlait : la paix était une habitude, l’air que chacun respirait sans y penser ; la guerre était un mot, un concept purement théorique. Quand soudain, nous eûmes la révélation que ce concept pouvait se muer en réalité, nous éprouvâmes dans tout l’être un choc dont le souvenir n’a pu s’effacer. » On devine ici les sentiments ambigus qu’inspire la guerre chez ces hommes qui n’ont connu que la paix : l’exaltation héroïque loin de la violente réalité. à la lumière des débats qui secouent régulièrement l’opinion publique française de la Belle Époque, notamment au moment des discussions sur la loi des trois ans de conscription en 1913, on constate que la paix et la guerre sont au coeur de la pensée politique. Mais ces débats ont-ils préparé les esprits à la guerre ? Ont-ils divisé les Français ou rendu possible l’Union sacrée ? Ces prises de position sont-elles de l’ordre du discours, de la posture intellectuelle ou d’une volonté farouche ? Quelles images construisent-elles à l’étranger des intentions françaises en 1914 ? La France est-elle pacifiste, revancharde ou belliciste ? L’opinion publique veut-elle préserver la paix ou appelle-t-elle à la guerre ?

 

Culture, loisirs, vie quotidienne en France en 1914 : les indices d'une adhésion des esprits à la guerre

À la veille de la Grande Guerre, L’Europe du Nord-Ouest apparaît comme le centre de gravité du monde. Tout au long du XIXe siècle, elle a affirmé sa supériorité technologique, financière et culturelle, dans une constante évolution. Que de progrès ! La pauvreté avait reculé, le confort avait augmenté, et chacun pouvait quasiment espérer, par le travail ou par l’épargne, s’élever dans l’échelle sociale. Jusqu’à la dernière semaine de juillet 1914, l’opinion était consciente qu’une guerre était possible, mais chacun pensait que les chefs des états résoudraient la crise de Sarajevo, comme ils avaient résolu les tensions et conflits du monde depuis le début du XXe siècle. Il semble que les peuples aient été surpris par les annonces de mobilisation du début du mois d’août 1914. En dépit des nombreuses manifestations pacifistes durant les mois précédant l’entrée en guerre, leur adhésion à la mobilisation a été entière. Quelles étaient, en France, les préoccupations de l’époque ? L’ennemi était-il uniquement extérieur ? Les progrès ont-ils donné naissance à des visions trop antagonistes entre tenants du passé et esprits novateurs ? Peut-on trouver, dans la vie quotidienne, les loisirs et la vie culturelle des Français, les indices – et parfois les aboiements – pouvant expliquer un tel consensus lors de l’entrée dans une guerre dont certains espéraient violemment les vertus régénératrices ?

 

Chronologie, de juillet à fin août 1914

L'été 14 ou les journées qui ont fait basculer l'Europe dans la guerre

Début juillet :

L’attentat de Sarajevo. Le 28 juin 1914, l’archiduc François-Ferdinand et son épouse, la duchesse de Hohenberg, sont assassinés à Sarajevo par un nationaliste serbe de Bosnie. S’agit-il d’un nouvel et énième assassinat politique comme l’Europe en a tant connu les années précédentes, notamment aux confins de l’Autriche-Hongrie ? Ce fait divers tragique n’empêche pas l’été de suivre son cours habituel : les paysans sont aux champs, les ouvriers à l’usine, quelques rares privilégiés s’offrent des vacances au bord de la mer. Les rumeurs de guerre parviennent à la société européenne sur un fonds de prospérité économique et de suprématie politique : c’est la Belle Époque. Les loisirs prennent de plus en plus de place et on croit en l’avenir et au progrès, au seuil du nouveau siècle.

 

L'hôpital militaire du Grand Palais de 1914 à 1918

Découvrez le dossier pédagogique réalisé en partenariat avec l'ECPAD à l'occasion du Centenaire 1914-1918.
Dès les premières semaines, le conflit de 14-18 est dévastateur. Le Grand Palais est réquisitionné par l'armée : il devient un hôpital militaire puis un centre de rééducation pour les soldats blessés.
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