"Je hais autant que les portes d’Hadès celui qui cache
Sa pensée au fond de lui-même et qui dit autre chose."
(Iliade, IX, 309-3102.)
"Mais dès que sa voix forte jaillissait de sa poitrineDès l’Antiquité, on a interprété ces vers selon la typologie des styles, formulée ainsi chez Quintilien : subtile, grande atque robustum et floridum ou medium, trois styles dont les modèles, à l’époque classique, sont les orateurs Lysias, Démosthène et Isocrate et qui visent respectivement à enseigner, émouvoir et charmer. Selon les commentateurs anciens d’Homère, Ménélas correspond au premier type, Ulysse au deuxième, le troisième étant illustré par Nestor et ses paroles "plus douces que le miel" (Iliade, I, 248-249) : les paroles d’Ulysse émeuvent, comme les discours de Démosthène, parce qu’elles relèvent du genre le plus élevé, ce que précisément cherche à circonscrire le Peri hypsous du Pseudo-Longin (Traité du sublime).
et que les mots tombaient comme en hiver flocons de neige,
aucun mortel ne pouvait plus rivaliser avec Ulysse."
(Iliade, III, 221-223.)
"Ma mère dit bien que je suis son fils, mais moi,
je n’en sais rien : l’enfant, tout seul, ne reconnaît son père."
(Odyssée, I, 215-216.)


"Ayant tourné trois fois autour du piège en le tâtant,
Tu appelas chacun par son nom les princes d’Argos
En imitant la voix de leurs épouses ;
Moi cependant, le fils de Tydée, et Ulysse,
Nous étions là au milieu d’eux à écouter ta voix,
Et déjà, tous les deux, nous nous levions, ne songeant plus
Qu’à bondir au dehors ou à répondre sans attendre ;
Mais Ulysse, malgré notre désir, nous refréna."
(Odyssée, IV, 277-289.)
"Je suis Ulysse, fils de Laërte, dont les ruses
Sont fameuses partout, et dont la gloire touche au ciel."
(Odyssée, IX, 19-20.)
"Pourtant, ne me demande pas ma race et ma patrie,Pénélope néanmoins repose la question un instant plus tard : Ulysse alors se donne pour Aithon, Crétois, fils de Deucalion et frère d’Idoménée (v. 178-182). À Laërte encore, il va affirmer être un naufragé crétois, quoique sous un nouveau nom, Épérite d’Alybas, fils d’Aphidas (v. 304-307). Remarquons au passage que cette insistance dénote sûrement le goût du public de l’Odyssée pour les "récits crétois" (ancêtres du paradoxe d’Épiménide le Crétois ?), en notant aussi la constance de formules telles que "Je vais te répondre franchement" avant l’affirmation d’une fausse identité. Il est surtout troublant que les mensonges d’Ulysse sur son identité soient si variés : d’ordinaire, quand on prend une fausse identité, on garde avec constance le même pseudonyme et la même biographie. Ulysse, lui, semble improviser ses mensonges avec le seul souci de la vraisemblance immédiate :
Ou tu redoubleras le chagrin de mon cœur…"
(Odyssée, XIX, 116-117.)
"Tous ces mensonges, il leur donnait l’aspect de vérités."
(Odyssée, XIX, 203.)
"Ils étaient sous le charme en l’ombre de la salle."
(Odyssée, IX, 1-2)

"Il lui conta d’abord comment il vainquit les Cicones,
puis atteignit le gras pays des Lotophages ;
ce que fit le Cyclope, et comment il vengea
ses vaillants compagnons qu’il avait mangés sans pitié ;
comment il parvint chez Éole, qui le reçut fort bien
et l’aida pour rentrer ; mais le destin ne voulait pas encor
le voir chez lui, et la tempête l’enleva,
le rejeta tout gémissant vers les poissons du large ;
comment il atteignit Télépyle des Lestrygons
qui lui perdirent ses vaisseaux et ses marins guêtrés ;
il raconta la ruse industrieuse de Circé,
et comment il gagna les demeures moisies d’Hadès
pour interroger l’âme de Tirésias de Thèbes
sur un navire aux cent tolets, et y vit tous ses gens,
et sa mère qui l’enfanta et le nourrit ;
comment il entendit la voix des Sirènes sonores,
comment il atteignit les Pierres Planctes, ces Charybde
et Scylla dont jamais ne réchappa nul homme ;
comment ses compagnons tuèrent les vaches du Soleil ;
comment le Zeus grondant, de sa foudre fumante,
lui frappa son croiseur, et que ses nobles compagnons
périrent tous, lui seul échappant aux génies ;
comment il échoua en Ogygie, chez Calypso
qui le retint, brûlant d’en faire son époux,
dans son antre profond, le nourrissant, lui promettant
de le rendre immortel, et qu’il ne vieillirait jamais :
mais jamais elle n’avait pu le persuader ;
comment les Phéaciens l’accueillirent, à bout de forces,
et l’honorèrent dans leur âme comme un dieu,
le ramenèrent par vaisseau dans sa patrie
en le comblant de vêtements, de bronze et d’or…
Il finissait lorsque le doux sommeil le prit,
qui délasse le corps et calme les soucis de l’âme."
(Odyssée, XXIII, 310-343.)

"Tu nous as raconté avec autant d’art qu’un aède
et tes tristes malheurs et ceux de tous les Achéens."
(Odyssée, XI, 368-369.)


"Nous ne saurions, Ulysse, en te regardant, te confondre
avec l’un de ces charlatans ou fripons qu’en tribus
nourrit un peu partout la terre noire,
fabricants de mensonges qui empêchent d’y voir clair,
sur toi les mots sont beaux, mais en toi les pensers sont nobles."
(Odyssée, XI, 363-367.)