Homère, qui aurait vécu au VIII
e siècle avant
J.-C., époque du développement des cités-États,
aurait raconté des événements qui se seraient
produits quatre siècles auparavant, vers 1250 avant J.-C.,
à la fin de la civilisation mycénienne.
La guerre de Troie a-t-elle eu lieu ? Ce que raconte Homère
a-t-il existé ? Ces questions se posent et sont débattues
depuis les premiers historiens grecs, qui s’accordent sur la durée
de la guerre (dix ans), mais font varier ses dates entre 1344 et 1150.
À la recherche du site de Troie
À partir de 1870, des réponses sont proposées.
Un riche commerçant allemand, Heinrich Schliemann, amateur passionné,
fouille Hissarlik, où les Anciens situaient Troie, près
de l’entrée sud du détroit des Dardanelles, sur
une colline surplombant une plaine fertile, à quelques kilomètres
de la mer Égée. Au bout de trois ans, il découvre
des objets d’or (diadème, boucles, bagues), qu’il
croit être le "trésor de Priam".

Critiqué par la communauté scientifique, Schliemann fait
appel à un jeune archéologue, Wilhelm Dörpfeld.
L’étude de la civilisation mycénienne (1600-1200
avant J.-C.) débute, avec d’importantes découvertes
dans le Péloponnèse, autour de Mycènes. Les archéologues
vont continuer à s’intéresser au site d’Hissarlik :
Carl Blegen, de 1935 à 1938, John Manuel Cook, de 1970 à
1973, Manfred Korfmann, de 1988 à 2005, et, encore en 2006,
Ernst Pernicka. Les différentes campagnes de fouilles ont mis
au jour les restes superposés de neuf villes, étiquetées
de la plus ancienne (Troie I, entre 3000 et 2500 avant notre ère)
à la plus récente, d’époque romaine. Aucune
ne correspond vraiment à la cité de Priam, même
si les traces d’un incendie dévastateur ont pu être
relevées sur les ruines de Troie VII a, découverte par
Carl Blegen, dont les dates pourraient coïncider (entre 1300 et
1260) ; toutefois la taille en semble bien médiocre, mais
la tradition orale a pu exagérer l’importance de la cité…
En revanche, Troie VI, datée entre 1800 et 1300, laisse imaginer
une grande ville avec des fortifications impressionnantes ; Dörpfeld
y croyait, bien qu’il fût établi qu’elle n’avait
pas été détruite par un siège, mais par
un tremblement de terre, vers 1275.