Hector, chef des armées troyennes
"J’ai appris à être
brave en tout temps et à combattre aux premiers rangs des Troyens,
pour gagner une immense gloire à mon père et à
moi-même."
Iliade, VI, 444-446
Fils aîné de Priam et d’Hécube, le Troyen
Hector, dans l’
Iliade, est le pendant du Grec Achille. L’un
et l’autre terrifient leurs adversaires dès qu’ils
apparaissent et personne ne tient à les affronter. Grâce
à l’aide des dieux, Hector sort indemne de toutes les
batailles, mais, abandonné par Apollon, il sera vaincu par
Achille. Lors du duel avec le grand Ajax, il est sauvé par
l’arrivée de la nuit (chant VII) ; plus tard, Apollon
détourne de lui la flèche de l’archer Teucros
(frère d’Ajax) qui allait le tuer (chant VIII), et,
au chant XV, c’est Zeus lui-même qui "brise la corde
solide de l’arc impeccable, au moment où Teucros la
tire contre Hector". Tant qu’il est protégé
par Apollon, Hector avance inexorablement avec ses armées,
franchissant la muraille construite par les Achéens pour protéger
leur flotte et atteignant les nefs grecques. La contre-offensive
de Patrocle, revêtu des armes d’Achille, repousse les
Troyens, mais Patrocle, désarmé par Apollon et blessé
par Euphorbe, est achevé par Hector qui s’empare de
ses armes.
Hector est le plus vaillant défenseur de Troie, bien qu’il
désapprouve l’enlèvement d’Hélène
"l’Argienne". Il en fait le reproche à son frère
et propose sa restitution à plusieurs reprises. Il est cependant
bienveillant avec Hélène, mais dur avec Pâris dont
il regrette le manque d’énergie guerrière.


Le valeureux héros est aussi un époux aimant et un
père affectueux. Les adieux d’Hector et d’Andromaque
constituent l’une des scènes les plus célèbres
et les plus émouvantes de l’
Iliade (VI, 391-502). Quittant
le champ de bataille, Hector vient embrasser son épouse et
son fils. Sa femme tente de le dissuader de repartir : "tu es
pour moi tout ensemble, un père, une digne mère ; pour
moi tu es un frère autant qu’un jeune époux.
[…] ne fais ni de ton fils un orphelin ni de ta femme une veuve",
et Hector exprime sa terrible inquiétude sur le sort d’Andromaque : "j’ai moins de souci de la douleur qui attend les Troyens,
[…] que de la tienne, alors qu’un Achéen à
la cotte de bronze t’emmènera pleurante, t’enlevant
le jour de la liberté."
Lorsque Astyanax, effrayé par le harnachement de son père,
se réfugie dans les bras de sa nourrice, "le grand Hector
au casque étincelant" dépose aussitôt son
casque à terre, et "prend son fils, et le baise, et le
berce en ses bras". Hector, comme il le redoutait, mourra devant
les portes de Troie, sous les coups d’Achille aidé d’Athéna,
qui trompe le Troyen en lui faisant croire que son frère Déiphobe
combat à ses côtés. Les dieux interviendront
pour lui une dernière fois : Zeus permettra à Priam
de récupérer la dépouille de son fils, malmenée
par Achille, mais protégée de toute souillure par Apollon.