L'Hellespont, royaume de Priam
Carte de l'Hellespont depuis l'entrée du Détroit jusqu'aux Caps Sestos et Abydos
Laurent Jean-François Truguet (1752-1839), cartographe ; Tondu, cartographe, Péra, 1786.
Carte manuscrite aquarellée (112 x 91 cm)
BnF, Cartes et Plans, Ge SH 18e Pf 98 div 3 p 9/ 1
© Bibliothèque nationale de France
Les Anciens ne doutaient pas de la réalité historique de la guerre de Troie. Des traditions grecques divergentes la situaient entre les XIVe et XIIe siècles avant notre ère, vers 1260 selon Hérodote. C'est au XVIIIe iècle que l'historicité de la guerre de Troie est mise en doute en même temps qu'est discutée l'existence d'un unique poète nommé Homère. La science rationnelle et critique des Lumières dénie toute vérité à l'Iliade, reléguée au rang de simple fable, voire de manuel scolaire destiné à l'apprentissage du grec. Le site même de Troie tombe alors dans l'oubli.

Levée en 1786 par le major de vaisseau Laurent Jean-François Truguet et l'astronome A. Tondu sur les instructions du comte Marie-Gabriel de Choiseul-Gouffier, ambassadeur du Roi à Constantinople et grand amateur d'antiquités, cette carte nautique offre une représentation très précise de l'entrée du canal des Dardanelles, objet d'âpres convoitises entre puissances à la fin du XVIIIe siècle. Les défenses de la région sont soulignées par l'indication des forteresses (Château d'Europe / Château d'Asie) jalonnant les deux rives. À l'entrée sud du Détroit, on aperçoit un château - aujourd'hui Kim Kalé - au pied duquel est donné le plan d'une ville non dénommée. Sa situation dans la boucle du Scamandre n'est pas sans évoquer l'antique Troie, objet de tant de recherches passionnées de la part de voyageurs européens hantés par les récits d'Homère. Le tropisme de l'Antiquité est suggéré également par les ruines antiques qui ornent le cartouche de titre.
 
 

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