Thétis dans la forge de Vulcain
Métamorphoses
Ovide (0043 av. J.-C.-0017), auteur ; Antonio Tempesta (1555-1630), graveur ; Peeter I De Jode (1570-1634), éditeur, 1606.
BnF, Estampes et Photographie, Sb-3-4, pl. 118
© Bibliothèque nationale de France
Héphaïstos se dirige vers ses soufflets. Il les tourne vers le feu et les invite à travailler. Et les soufflets – vingt en tout – de souffler dans les fournaises. Ils lancent un souffle ardent et divers, au service de l'ouvrier, qu'il veuille aller vite ou non, suivant ce qu'exigent Héphaïstos et les progrès de son travail. Il jette dans le feu le bronze rigide, l'étain, l'or précieux, l'argent. Il met sur son support une grande enclume. Enfin, dans une main, il prend un marteau solide et, dans l'autre, sa pince à feu.
Il commence par fabriquer un bouclier, grand et fort. Il l'ouvre adroitement de tous les côtés. Il met autour une bordure étincelante – une triple bordure au lumineux éclat. Il y attache un baudrier d'argent. Le bouclier comprend cinq couches. Héphæstos y crée un décor multiple, fruit de ses savants pensers.
(Il. XVIII, ca. 478)
La description du bouclier d'Achille commence par une image du dieu devant ses fourneaux. Homère met d'abord en scène un savoir faire, une science et un art bien réel, avant que l'imagination ne s'envole "en savants pensers". Le divin forgeron pratique la gravure et la ciselure, le mélange des métaux et l'impression par le feu. À travers son art, la fabrication du bouclier célèbre la maîtrise du feu par l'homme, l'essor d'une science métallurgique encore étrange et mystérieuse.
 
 

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