Scylla dévorant un marin
H. Guill. Tischbein, Figures d'Homère dessinées d'après l'antique. Tome second : Odyssée. Metz, 1801.
BnF, Estampes et photographie, Ta 4 f. 38
Ces monstres ont exercé une fascination durable et inspiré des théories psychanalytiques, qui voient dans le voyage d'Ulysse un périple de l'être humain à travers ses propres pulsions. La menace d'engloutissement et de dévoration que représente Charybde, et la nature à la fois canine, féminine et marine de Scylla renverraient ainsi à une angoisse de castration. Leur nature hybride et sauvage renvoie à la peur de la transgression, inscrite dans les lois de la civilisation. Euripide compare ainsi Médée, jalouse jusqu'au meurtre, à Scylla, modèle de la femme fatale.

Le nom de Scylla rapproche les termes grecs skulax "jeune chienne" et skullô "écorcher, déchirer". Elle pousse un "cri retentissant", tel un aboiement qu'amplifient les parois de la grotte où elle niche, sous la pointe rocheuse calabraise qui porte son nom.