Catalogue de l'exposition
Sous la direction d’Olivier Estiez, Mathilde
Jamain et Patrick Morantin
Présentation
Le cheval de Troie, Ulysse et les Sirènes, le terrible Cyclope,
Nausicaa, la jeune et belle Phéacienne, Pénélope
et les prétendants en Ithaque, le fidèle chien Argos…
ces images de l’
Iliade et de l’
Odyssée
qui ont traversé tant de siècles, nous les retrouvons
dans ce volume : monnaies d’or ou de bronze, intailles en agate,
jaspe rouge ou calcédoine, amphores en céramique, bustes
de marbre, reliefs sur ivoire, édition sur papyrus, cartes-portulans
sur parchemin, tous les matériaux ont été utilisés
pour représenter des scènes homériques, depuis
les vases grecs de l’Antiquité jusqu’aux lithographies
de Chagall, en passant par les miniatures du Moyen Âge, les commentaires
pleins d’émotion du jeune Racine ou l’édition
annotée qui accompagne Chateaubriand jusque dans son sac de soldat.
Diverses disciplines scientifiques, archéologie, histoire, géographie,
édition critique des textes, etc. sont convoquées pour
exposer les difficultés de la localisation de Troie, les particularités
de la transmission des deux épopées ou la fameuse "question
homérique" et évoquer Homère, l’aède
aveugle inspiré par les Muses.
Pour nous guider dans les poèmes homériques, Pietro Citati
éclaire la figure centrale de cette exploration, Ulysse, dont
la curiosité, l’intrépidité, la ruse ou le
courage s’effacent finalement derrière le talent du narrateur
: les Phéaciens "restent fascinés par le charme verbal
d’Ulysse, immobiles, en silence ; et ils aimeraient passer la
nuit, toutes les nuits peut-être, à écouter les
aventures de l’étranger". Cette invitation au bonheur
d’une lecture captivante, c’est celle aussi de Jacqueline
de Romilly et du regard ébloui qu’elle porte sur Homère,
dans une telle intimité avec le texte grec qu’en quelques
images – les si touchants adieux d’Hector et d’Andromaque,
avec la peur du petit enfant devant le casque de son père et
le « sourire en pleurs » que la scène provoque
chez sa mère –, elle nous fait partager la violence
et la douceur des réalités homériques, qui sont
des réalités de toujours : la guerre, la mort, la
tendresse…