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Les monstres dans l’Odyssée

 
Une approche de l’Odyssée à travers ses monstres permet d’aborder nombre de notions à la fois culturelles, narratives et techniques à travers des figures fantastiques impressionnantes et évocatrices. On pourra aussi opérer certains prolongements grâce à un parallèle avec des représentations plus contemporaines du monstre, dont les élèves sont assez familiers (cf. Bibliographie).
 
Une séquence qui choisirait ce thème pour fil directeur pourrait s’appuyer sur une étude des différentes fonctions du monstre dans l’Odyssée :
 

La fonction narrative

La représentation du monstre exige une description physique, qui introduit des pauses dans le récit. Grâce à un travail distinguant portrait physique et moral (en s’appuyant par exemple sur les descriptions du Cyclope Polyphème et des Sirènes), on pourra faire écrire aux élèves le portrait d’un monstre de leur invention.
 

La fonction symbolique

Le monstre est l’incarnation du mal, de ce que la civilisation rejette. Par opposition, il permet aussi une définition du héros qui combat contre lui et fonde la culture, personnifiant les valeurs fondatrices de sa société. Pour mettre cette fonction en évidence, on pourra faire dire aux élèves quels dangers représentent, pour le héros, chacun des monstres rencontrés par Ulysse au cours de son voyage.
 

La fonction cathartique

Le monstre permet de donner une forme à l’excès, à la sauvagerie et à la méchanceté. On pourra travailler sur les procédés qui poussent le lecteur à s’identifier au héros et à rejeter instinctivement les monstres, par exemple dans l’épisode de Charybde et Scylla.
 
L’étude des épisodes de l’Odyssée proprement dits peut être complétée par la comparaison de ces monstres avec d’autres figures monstrueuses de la littérature, traitées différemment : par exemple, le monstre pathétique (chez le Quasimodo de Victor Hugo, ou chez Frankenstein) qui invite à une réflexion morale sur l’altérité et la tolérance, le monstre en soi (L’étrange cas du Dr. Jekyll et de Mr. Hyde) qui pousse à réfléchir sur la complexité de tout être humain, ou le monstre politique (Le Monstre d’Ismaïl Kadaré), qui incarne alors l’oppression liée à un système totalitaire.
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