Glosssaire

   

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Aède : son activité consiste à chanter des poèmes épiques en s’accompagnant de la cithare ou de la lyre ; il compose et récite les vers directement devant son auditoire. Démodocos (chez les Phéaciens) et Phémios (à Ithaque) sont les deux aèdes principaux chez Homère : ils chantent des épisodes déjà connus mais ajoutent parfois une marque personnelle.

Apotropaïque : désigne le caractère d’une formule, d’un rite, d’une représentation, d’un objet ayant pour but de protéger en écartant d’éventuels dangers.

Aryballe : petit vase contenant des onguents et des parfums, doté d’une panse large, d’un col étroit et parfois d’une anse.

Centons homériques : nom donné à certains ouvrages de poésie composés de vers ou de fragments de vers pris chez Homère et disposés d’une manière nouvelle, offrant ainsi un sens différent de celui qu’ils ont dans le texte original.

Codex : livre de forme parallélépipédique, résultat de l’assemblage de feuillets manuscrits, d’abord en parchemin puis en papier. Cette présentation des textes a constitué une véritable révolution au début de notre ère car, contrairement au volumen*, qui impose une lecture continue, le codex permet d’accéder aux chapitres de manière directe, est plus pratique à ranger et offre une surface disponible plus large. Les quatre marges par page permettent les annotations pour les scholies* et les commentaires.

Édition princeps : l’expression vient du latin editio princeps et désigne la première édition d’un texte ancien. Aux XVe et XVIe siècles, le terme était utilisé pour la première publication d’un texte antérieur à l’invention de l’imprimerie. Il s’est ensuite appliqué à la première édition d’un texte quel qu’il soit.

Encomiaste (encomiastique) : celui qui compose, qui écrit ou qui prononce l’éloge de quelqu’un.

Épigraphie : étude des inscriptions sur des matières non putrescibles, comme la pierre, le métal ou l’argile.

Épopée : à l’origine, l’épopée est un genre littéraire défini, un long poème déclamé devant des auditeurs, puis fixé par écrit. Elle est le chant d’une collectivité, se concentre autour des exploits d’un ou de plusieurs héros* mythiques et fait se rejoindre les forces humaines et les forces divines. Le mot apparaît en 1675 dans notre langue et remplace l’expression "poème héroïque" jusque-là utilisée.

Érudit : celui qui possède un savoir approfondi fondé sur l’étude des sources historiques, des documents et des textes.

Grecs du roi : caractères typographiques gravés par Claude Garamont à l’instigation de Robert Estienne, nommé en 1540 imprimeur du roi pour les langues grecque, latine et hébraïque. Garamont travailla d’après les modèles fournis par le Crétois Ange Vergèce, attaché à la cour de France comme calligraphe et lecteur.

Héros : l’Iliade a développé l’idée de héros. Le héros mythologique exerce sur les événements et les hommes une forte influence, il accomplit des exploits grâce à son courage et à son ingéniosité et s’élève au-dessus de ses semblables, si bien qu’on lui voue un culte particulier.

Homérides : groupe d’habitants de l’île de Chios, rhapsodes* professionnels formant une sorte de corporation et revendiquant une filiation directe avec Homère. Ils survécurent au moins jusqu’au IVe siècle avant J.-C. Que la parenté soit réelle ou non, leur rôle est important dans la transmission du texte.

Intaille : pierre dure et fine gravée en creux pour servir de sceau ou de cachet. Elle peut être présentée seule ou montée en bague.

Lécythe : petit vase contenant des huiles parfumées, souvent de forme cylindrique et allongée, à col étroit.

Linéaire A : système d’écriture syllabique, non alphabétique, inventé par les Crétois au début du second millénaire avant J.-C. Le linéaire A avait été précédé par un premier système d’écriture minoen. Ces deux écritures n’ont pas été déchiffrées.

Linéaire B : système d’écriture syllabique qui retranscrit le mycénien, forme archaïque du grec. Le linéaire B est visible sur des tablettes d’argile, crues à l’origine, puis cuites lors de l’incendie de palais mycéniens : elles proviennent principalement de Pylos, Mycènes, Thèbes (Béotie), Knossos. Cette écriture a été déchiffrée en 1953 par Michael Ventris et John Chadwick.

Molu : dans l’Odyssée, Hermès offre cette plante magique à Ulysse comme antidote contre les sortilèges de la magicienne Circé, qui transforme ses hommes d’équipage en pourceaux. Elle est également citée par Ovide lorsqu’il reprend l’épisode dans ses Métamorphoses. Le molu se présente comme l’exacte antithèse du lotus, la plante de l’oubli consommée par les Lotophages. L’identité du molu a donné lieu à de multiples hypothèses : Théophraste considère que c’est l’ail, d’autres y ont vu la mandragore ou même le perce-neige. Les botanistes ont donné le nom d’Allium moly à l’ail doré, une espèce proche de l’ail commun.

Muses : chez Homère, la Muse est celle qui donne l’inspiration au poète, à l’aède, et qui possède la connaissance. Les Muses sont filles de Zeus et de Mnémosyne, déesse de la Mémoire. Les noms des Muses (Clio, Euterpe, Thalie, Melpomène, Terpsichore, Érato, Polymnie, Uranie et Calliope) n’apparaissent pas chez Homère.

Œnochoé : vase de taille variable, servant à contenir et à verser de l’eau ou du vin. Sa panse est arrondie et son anse lui donne l’apparence d’une cruche.

Papyrus : mot grec désignant une plante que l’on trouvait sur les bords du Nil. On utilisait son écorce, après l’avoir travaillée, comme support de l’écriture. La fibre était découpée en bandes dans la longueur ; celles-ci, une fois séchées, étaient juxtaposées, puis collées en deux couches croisées, l’une verticale, l’autre horizontale. Le papyrus se présentait sous la forme d’un rouleau long de 6 à 7 mètres, d’une hauteur de 15 à 30 cm, dont, le plus souvent, une seule face était destinée à l’écriture. Ce support fut utilisé en Égypte dès le troisième millénaire et se répandit partout en Grèce à partir du VIIe siècle avant J.-C.

Pétase : chapeau à bord plat et large qui abrite de la pluie et du soleil, porté à l’origine par les jeunes gens s’exerçant à la lutte et à la gymnastique. Il est également utilisé par les voyageurs.

Philologie : science qui traite d’une langue d’un point de vue historique en travaillant sur des documents écrits. Elle vise en particulier à établir des textes, en choisissant la meilleure version possible à partir de manuscrits, d’éditions imprimées ou d’autres sources disponibles, en comparant les versions conservées de ces textes ou même en corrigeant les sources existantes. La philologie s’intéresse aussi aux problèmes de datation, de localisation et d’édition de textes.

Pilos : chapeau conique caractéristique du personnage d’Ulysse, connu d’abord pour être un bonnet de marin en feutre.

Pisistratides : descendants du "tyran" d’Athènes Pisistrate auxquels on attribue l’initiative d’avoir fixé le texte des deux épopées d’Homère.

Posthomériques : la tradition posthomérique concerne toutes les suites et développements qui ont été donnés à l’Iliade et à l’Odyssée et qui sont postérieurs à l’œuvre d’Homère. L’Iliade ne raconte en effet que la colère d’Achille et les funérailles de Patrocle. Le Cycle troyen (Chants cypriens, Éthiopide, Petite Iliade, Sac de Troie, Retours, Télégonie), qui s’est constitué entre le VIIe et le VIe siècle, raconte ce qui s'est passé avant ou après. Ces épopées, aujourd’hui perdues, ne sont connues que par un résumé du philosophe néoplatonicien Proclos. On qualifie aussi de posthomériques des auteurs plus tardifs, comme Quintus de Smyrne.

Préhomerique : la matière préhomérique désigne tout le fonds mythologique, archétypal, culturel, dans lequel puise Homère. Quand il parle, par exemple, du cheval de Troie d’une manière allusive, on peut penser qu’il le fait parce que le public connaît déjà bien l’épisode. En l’absence de source antérieure à Homère, il est difficile d’estimer précisément ce qui relève de ce fonds et ce qui appartient en propre au génie créatif de l’aède.

Querelle des Anciens et des Modernes : née à la fin du XVIIe siècle, la querelle oppose en particulier Charles Perrault, qui proclame la supériorité des auteurs du siècle de Louis XIV, à Boileau, champion des auteurs de l’Antiquité. Le débat porte entre autres sur l’épopée* : en effet, voulant renouveler les grandes épopées antiques (Homère et Virgile), les Modernes défendent les épopées écrites en français. L’affaire rebondit au XVIIIe siècle en querelle homérique lorsque Houdar de la Motte, un poète qui ne connaît pas le grec, publie une version d’Homère adaptée de la traduction en français due à une savante helléniste, Mme Dacier.

Question homérique : on s’est interrogé à partir du XVIIIe siècle sur l’unité et la diversité des deux épopées homériques, la question étant amorcée par l’abbé D’Aubignac en 1715 et ouverte réellement par l’ouvrage de Friedrich August Wolf, Prolegomena ad Homerum : les sources des épopées homériques sont analysées, ainsi que la construction progressive du texte à partir d’un scénario original. L’identité d’Homère comme auteur unique est dès lors remise en cause. Les unitaires affirment que l’Iliade et l’Odyssée seraient d’un seul et même auteur. Les analystes disent que certaines contradictions entre les vers prouveraient que les œuvres sont d’auteurs différents. Actuellement, la question n’a pas été tranchée, mais on continue le plus souvent d’appeler Homère l’auteur de l’Odyssée et de l’Iliade.

Rhapsode : contrairement à l’aède*, le rhapsode récite les œuvres écrites par un autre, principalement des épopées, le plus souvent des poèmes homériques. Le mot est attesté pour la première fois au Ve siècle av. J.-C., mais les rhapsodes continueront leurs représentations jusqu’à l’époque hellénistique. Ils mènent une vie itinérante, allant de cité en cité pour trouver du public. Peu à peu se mettent aussi en place des concours civiques de rhapsodes, comme celui des Panathénées.

Scholie (scolie) : commentaire servant à éclairer un texte. Les scholies des textes antiques sont une source précieuse d’information, à la fois philologique* et historique. Elles peuvent être marginales (écrites dans la marge) ou interlinéaires (insérées dans le texte même). Généralement, la note commence par reprendre le mot ou le passage commenté, puis fait apparaître le commentaire du scholiaste, généralement anonyme – les scholiastes sont désignés d’après l’œuvre ou l’auteur qu’ils ont commenté.

Stamnos : vase à deux anses, parfois doté d’un couvercle, servant à la conservation des liquides.

Télémachie : histoire des aventures de Télémaque.

Volumen : ce mot signifie en latin "rouleau" et désigne le rouleau de papyrus ; on écrivait seulement sur la surface interne, dans le sens horizontal des fibres. Le volumen était déroulé de la main droite et on l’enroulait de la gauche, les colonnes se succédant de gauche à droite.

Vulgate : par extension, ce terme s’applique à la version répandue et officielle d’un texte fondateur. À l’origine, il s’agit de la traduction de la Bible en latin réalisée par saint Jérôme au début du Ve siècle d’après des manuscrits en grec et en hébreu, traduction qui supplanta peu à peu les autres bibles latines et qu’on commença à désigner à partir du XIIIe siècle sous le nom de "Vulgate".

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