La chute de Troie marque le début des âges obscurs qui dureront cinq cents ans. Durant cette époque, l'écriture se perd en Grèce. Seuls restent la mémoire des hommes et le chant des aèdes qui, par transfiguration poétique, vont transmettre le souvenir de ces événements, avant qu'une civilisation nouvelle ne naisse, celle d'Homère et de son Iliade.
La légende remplace l'histoire : Pâris, un des fils du
roi Priam, auquel Aphrodite avait promis de donner la plus belle femme
du monde, séduit et enlève Hélène, femme
du roi de Sparte Ménélas ; il l'emmène à
Troie. Pour venger l'honneur de Ménélas, les chefs grecs,
sous la conduite d'Agamemnon, entreprennent une expédition contre
Troie.
Le siège de la ville durera dix ans avec des alternances de succès
et de revers des deux côtés.
Les épopées homériques ne narrent que quelques épisodes
survenus lors de la dernière année de la guerre de Troie.
Elles s'inscrivaient dans un ensemble plus vaste, le Cycle troyen, perdu
pour l'essentiel, mais dont la trame nous est connue.
L'épisode le plus célèbre de la guerre de Troie
est évoqué par Homère dans l'Odyssée. Ulysse
imagine une ruse pour investir la cité : faire entrer dans Troie
un gigantesque cheval de bois renfermant une vingtaine de guerriers…
Troie est entrée dans la légende.
Soucieux de se construire une mémoire qui hausse leur pays au rang des grands empires, les rois de France prétendront descendre de Francion, un des fils d'Hector réchappé de la cité en flammes. Au XIIe siècle, l'Histoire de Troie devient le prélude de l'histoire nationale, faisant de la France une nation aussi ancienne que l'empire romain fondé par un autre exilé troyen, Énée. La construction de Paris répond ainsi à celle de Rome par Romulus.