L'étalon arabe Sar-Boland
Album "Shir Jang"
École moghole, vers 1675 (?)
250 x 282 mm (page entière : 295 x 429). Gouache sur papier. Cadre orné. Au verso, calligraphie persane du XVIe siècle en Nasta'liq signée de Mahmud b, Ishaq Shihabi, non datée
Bibliothèque nationale de France, département des Manuscrits, Smith-Lesouëf 247, f. 35
© Bibliothèque nationale de France
Une inscription assure que cette peinture a été tirée "d'après nature par ordre de l'Empereur". Les portraits de chevaux ne sont pas rares dans la peinture persane et la peinture moghole en connaît plusieurs magnifiques.
Aux Indes, du fait du climat peu propice à leur reproduction, les chevaux étaient particulièrement précieux. Les souverains moghols comme ceux du Deccan importaient, par mer, depuis l'Arabie ou la Perse d'immenses quantités de chevaux, dont ils avaient besoin pour leur armée. Le transport étant particulièrement long, beaucoup d'animaux périssaient avant ou après leur débarquement dans les ports indiens. Ce commerce était florissant depuis le Moyen Age.
Le cheval Sar-Boland, dont le nom signifie "qui a la tête haute" en persan, porte sur la cuisse une marque où l'on lit "Zafar" (la victoire). On retrouve la même marque sur les portraits d'autres chevaux indiens et on peut se demander s'il ne s'agirait pas d'une marque de haras princiers. De fait, à la même époque, en Perse, les chevaux du roi étaient marqués à la cuisse de la damgha des souverains safavides et ne pouvaient quitter la Perse sans l'autorisation royale.
Dans sa description de la cour du Moghol vers les années 1680, le Vénitien Manucci mentionne un cheval royal d'Aurangzeb du nom de Sar-Boland ("Serbelend"). C'est probablement celui-ci. (F.R.)
 
 

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