Muhammad Khan Bangash
Album "Batailles et sujets historiques de l'Inde et de Perse"
École moghole, vers 1730
Bibliothèque nationale de France, département des Estampes et de la Photographie, Réserve OD-44 FOL, f. 17. Don du colonel Gentil, 1785. Cat. RH n° 133
© Bibliothèque nationale de France
Muhammad Khan Bangash, sur une terrasse recouverte d'un superbe tapis, est adossé à plusieurs coussins dorés à fleurs (gaddi) à l'abri d'un dais également doré. Il porte un turban doré orné d'un rubis et d'un sarpesh, une émeraude rectangulaire en pendentif et, de la main gauche, tient une fleur. Devant lui sont assises quatre musiciennes aux longs saris à rayures verticales dorées, l'une jouant du tanpura, une autre du pakhavaj ; debout, derrière lui, une suivante agite un morchhal. Au-delà d'une balustrade en marbre blanc très ajourée se profile une rangée d'arbres sur un ciel aux nuages bordés d'or.
Chef de la tribu Bangash et premier nawab de Farrukhabad, Muhammad Khan Bangash (1665-1743) entra à quarante-cinq ans au service de l'empereur. Valeureux guerrier, il fonda, en 1714, dans la province de Awadh, la cité de Farrukhabad qui porte le nom de son protecteur, l'empereur Farrukhsiyar (règne : 1713-1719). Puis il servit Muhammad Shah (règne : 1719-1748) et reçut le titre de Ghazanfar Jang, « Lion de guerre ».
Cette belle page est un bon exemple du renouveau de l'art de la miniature au temps de Muhammad Shah, en plein XVIIIe siècle. En effet, depuis le dernier des Grands Moghols, l'empereur Aurangzeb (1658-1707), musulman dévot et guerrier inlassable, les arts n'avaient plus guère suscité l'intérêt. La vie d'Aurangzeb fut simple, pieuse et austère. Durant son règne, un grand nombre d'artistes quittèrent les ateliers impériaux pour trouver asile dans des cours du Rajasthan et du Bengale. Contrairement à ses prédécesseurs, Aurangzeb était peu soucieux de son apparence et ne portait quasiment aucune parure, hormis son épée. Il pratiquait fréquemment le jeûne, et comme le rapporte le voyageur Jean-Baptiste Tavernier, il poussait l'ascèse jusqu'à dormir à même le sol, couvert d'une peau de tigre.
 
 

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