Cheval
Album "Dames et Seigneurs persans, Ministres, Généraux, Docteurs, et autres peintures parmi lesquelles il se trouvent des modèles d'écriture arabes"
Par Muhammad Faqirullah Khan
École moghole, vers 1740
Bibliothèque nationale de France, département des Estampes et de la Photographie, Réserve OD-43 PET FOL, f. 44. Don du colonel Gentil, 1785. Cat. RH n° 149-2
© Bibliothèque nationale de France
Muhammad Faqirullah Khan, peintre de la cour de l'empereur Muhammad Shah (régnant 1719-1748), travailla à Lucknow après le sac de Delhi. Il perpétue ici la tradition des études d'animaux, si importante au XVIIe siècle sous l'empereur Jahangir. Celui-ci se révéla un observateur attentif et sensible de la nature et un amateur de jardins. L'intérêt qu'il portait aux animaux l'incita à créer une ménagerie abritant un zèbre d'Abyssinie, un chien, 4000 oiseaux et une centaine de lions. Sous son impulsion se développa un art animalier brillant. Les animaux sont généralement représentés de profil, comme ici, afin que leurs contours, toujours d'une grande netteté, offrent une lisibilité maximale. Le goût du détail caractérise ces œuvres qui s'apparentent à de véritables portraits.
Cet étalon isabelle a la moitié inférieure de sa robe teintée de rouge, symbole du sang des ennemis écrasés au combat. Dans son Voyage dans l'Hindoustan, rédigé en 1773-1776, le comte de Modave rapporte : « on est dans l'usage de peindre les chevaux de diverses couleurs. Cet usage commence à Patna et va toujours en augmentant jusqu'à Delhi, où il est dans tout son lustre (…) Cette peinture consiste en grandes raies avec des fleurs qui forment comme des espèces de guirlandes autour du ventre de l'animal. On trouve d'abord cette coutume assez maussade, et on finit par s'y accoutumer. Il me semblait que ces chevaux ainsi bariolés de couleurs tranchantes en avaient beaucoup meilleur air ».
 
 

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