yogi au bord d'un fleuve
Album "Dames et Seigneurs persans, Ministres, Généraux, Docteurs, et autres peintures parmi lesquelles il se trouvent des modèles d'écriture arabes"
Attribué à Bahadur Singh (?)
Faizabad (ou Murshidabad ?), vers 1760
Bibliothèque nationale de France, département des Estampes et de la Photographie, Réserve OD-43 PET FOL, f. 22. Don du colonel Gentil, 1785. Cat. RH n° 170
© Bibliothèque nationale de France
Un yogi est assis sur une peau de lynx, devant un feu, à l'ombre d'un saule pleureur. L'ascète aux jambes croisées est un motif fréquent de la peinture moghole provinciale au XVIIIe siècle. Dans le fond, on aperçoit un pont ainsi que deux minuscules baigneurs, des buffles nageant et quelques embarcations. Le paysage est idyllique, verdoyant et vallonné, avec de petits arbres pommelés ; il rappelle les Cotswolds. Le ciel chargé de nuages gris annonce l'orage. Au bord du lac, le long des berges en grès rose s'élèvent des bâtiments aux toitures dorées. Cette représentation d'un ascète pourrait être une illustration d'un ragamala, Ghandari ragini, dont l'équivalent musical évoque la séparation amoureuse et qui s'interprète aux premières heures de la matinée.
À la suite du sac de Delhi en 1739 et de l'effondrement du pouvoir impérial qui s'en suivit, nombre de familles d'artistes quittèrent la cour et se réfugièrent auprès d'autres mécènes, souverains rajput ou nawab qui gouvernaient les provinces de l'empire. C'est ainsi que s'épanouirent des écoles dites mogholes provinciales (Faizabad, Murshidabad, Farrukhabad), perpétuant un peu du raffinement des siècles passés.
 
 

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