Le sultan Azam Shah
Album "Histoire de l’Inde depuis Tamerlank jusquà Aurangzeb"
56 miniatures par Manucci
Golconde, miniatures peintes entre 1678 et 1686
Bibliothèque nationale de France, département des Estampes et de la Photographie, OD-45 PET FOL, f. 19. Saisie des commissaires du gouvernement provisoire de Napoléon Bonaparte à Venise, sous la directive de Gaspard Monge, 1797. Cat. RH n° 226-17
© Bibliothèque nationale de France
Le sultan Muhammad Azam Shah, troisième fils de l'empereur Aurangzeb (ou 2e survivant), est né à Burhanpur le 28 juin 1653 et fut tué le 8 juin 1707 dans la guerre de succession qui suivit la mort de son père. Azam est ici représenté à la chasse ; les shikari (chasseurs) retiennent les chiens et portent des faucons. Plaisir aristocratique, la chasse était très prisée des empereurs moghols et de leur cour. Un fonctionnaire était chargé d'organiser les chasses royales en définissant un cercle de plusieurs kilomètres quelques jours avant l'arrivée de l'empereur et de ses invités. Des hommes rabattaient ensuite les animaux au cœur du cercle qui, chaque jour, se réduisait. Quand un maximum de gibier se retrouvait dans un minimum de superficie, le souverain pénétrait dans l'enceinte. Pour repousser l'animal, les Moghols utilisaient volontiers des cheetahs (ou panthères), qu'ils capturaient et dressaient à cet effet. Ces prédateurs étaient souvent parés de colliers précieux. La chasse au faucon, très prisé dans le monde islamique, était aussi à l'honneur.

Ces miniatures, véritables documents historiques, seraient des copies d'originaux conservés dans le trésor du palais impérial, à Delhi, et auraient été réalisées entre 1678 et 1686, selon les dires du Vénitien Niccolo Manucci, grâce à l'aide de Mir Muhammad, frère nourricier du prince Shah Alam. Cette suite, d'une grande unité stylistique, a probablement été réalisée par un même artiste, originaire de Golconde. Les couleurs sont franches et les applications à la feuille d'or, largement utilisées, rehaussent l'éclat du mobilier, des textiles, des harnachements et des armes. Bien que le dessin soit celui, quelque peu raide, d'un copiste, la richesse de la palette et l'emploi d'une gouache épaisse frottée à l'agate confèrent à chaque peinture un bel aspect lustré, précieux et éclatant comme l'émail.
 
 

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