Les deux perroquets et l’épouse du satrape
Ibn al-Muqaffa’, Kalila wa Dimna
Égypte ou Syrie (?), milieu du XIVe siècle.
Papier, 119 f., 30 × 23 cm
BnF, département des Manuscrits, arabe 3467, f. 61
© Bibliothèque nationale de France
Le satrape de la ville avait une femme jolie et intelligente. Son fauconnier se mit à lui faire des avances sans qu'elle y réponde. Pour se venger, l'homme dressa deux perroquets à répéter dans la langue de Bactres qu'elle trompait son mari. Un jour que le satrape recevait de nobles Bactriens, ceux-ci lui révélèrent ce que disaient les perroquets. Le mari voulut immédiatement mettre à mort son épouse mais celle-ci prouva sa bonne foi, en lui montrant que c'était le fauconnier qui avait appris cette phrase aux oiseaux. Convoqué, celui-ci continua à nier, mais à ses mensonges, son faucon se jeta sur lui et lui creva les yeux, en guise de punition divine. La morale de cette histoire est que tout mensonge ou calomnie reçoit tôt ou tard son juste châtiment.
L'image illustre le châtiment final. Le fauconnier git par terre, et le faucon, qui vient de lui crever les yeux, se tient au-dessus de sa tête. Du sang coule de ses yeux. Un homme, sans doute le satrape, s'apprête à lui asséner un coup de bâton. Derrière, l'épouse est drapée dans un voile rose qui recouvre sa chevelure et laisse entrevoir une robe à fond noir ornée d'un motif de larges fleurs dorées. Assis à droite, un homme, peut-être l'un des Bactriens, observe la scène qu'il désigne du doigt. Hormis le fauconnier, un jeune homme imberbe, les deux autres portent des barbes noires. Peints en rose clair, la tête, les mains et les pieds sont soulignés d'un léger trait rouge. Les yeux étroits en forme d'amande et les sourcils allongés, la bouche petite finement dessinés en noir dénotent une influence venue de l'Est asiatique.
 
 

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