Le lièvre et l’éléphant
Ibn al-Muqaffa’, Kalila wa Dimna
Égypte ou Syrie (?), milieu du XIVe siècle.
Papier, 119 f., 30 × 23 cm
BnF, département des Manuscrits, arabe 3467, f. 71
© Bibliothèque nationale de France
Une année de grande sécheresse, les éléphants quittèrent leur territoire pour s'installer près de la "source de la lune", détruisant au passage les gîtes des lièvres qui habitaient là. L'un d'eux, qui se nommait Firouz et était fort avisé, imagina une ruse pour se débarrasser des éléphants. Une nuit, monté sur une éminence au-dessus de la source, il s'adressa à leur roi, et, se faisant passer pour le messager de la lune, lui dit que celle-ci était fort fâchée qu'il trouble son eau. Voyant le reflet de la lune dans l'eau s'agiter lorsqu'il y plongea sa trompe, l'éléphant, persuadé qu'elle lui voulait du mal, promit de ne plus jamais revenir là.
La peinture, très vivante, montre la confrontation entre le lièvre et l'éléphant. Le premier, est assis, ses longues oreilles dressées, sur un rocher rose. En face de lui, l'éléphant, énorme, a la trompe et les deux pattes avant dans l'eau ; il regarde devant lui le reflet doré de la lune. Comme c'est l'habitude dans la peinture arabe, la nuit est représentée par un arc de cercle bleuté au centre duquel se trouve la lune et la source par un bassin bleu entouré d'une bande d'herbe, rempli de petits motifs blanc.
 
 

> partager
 
 

 
 

 
> copier l'aperçu