Séance 5 : Abû Zayd en visite chez la prétendue mère de son fils
Muhammad al-Qâsim al-Harîrî, al-Maqâmât (Séances)
Miniatures et calligraphie de Yahya ibn Mahmûd al-Wâsitî, Iraq, 1237.
Papier, 167 f., 37 x 28 cm
BnF, département des Manuscrits, arabe 5847, f. 13 v°
© Bibliothèque nationale de France
Al-Hârith reçoit des amis quand on frappe à sa porte. C'est un mendiant qui vient réciter un poème. Al-Hârith lui offre le repas et reconnaît Abû Zayd. Celui-ci raconte alors qu'un jour, frappant à une porte en improvisant quelques vers pour quémander de la nourriture, il fut accueilli par un adolescent qui lui répondit avec brio. Il le questionne et découvre qu'il s'agit de son fils, abandonné avant sa naissance, et décide le raccompagner chez sa mère. L'assemblée particulièrement émue par ce récit lui donne de l'argent. Mais au matin, Abû Zayd avoue dans un poème sarcastique que toute l'histoire n'est qu'une invention.
La scène montre Abû Zayd en visite chez la mère de son fils. L’anecdote sert ici de prétexte à croquer sur le vif un épisode de la vie quotidienne : la mère assise sur un large coussin est en train de filer. Ses cheveux sont couverts d’un foulard noir liséré de rouge qui cache ses épaules. D'une main elle actionne son rouet tandis que de l’autre, elle tient le fil de laine qui s’enroule au fur et à mesure sur la quenouille posée sur son genou.
La maison qui sert de cadre narratif à l'histoire, est composée, comme à l’accoutumée, de trois parties. Au centre, la pièce principale est encadrée de lourds rideaux suspendus au plafond et ornés d’arabesques dorées; deux petites pièces sont attenantes à chacun des cotés. L’ensemble est surmonté d’une large balustrade de bois ouvragé et d’un toit de roseaux tressés. Dans la pièce de gauche, on trouve un grand bougeoir doré ainsi que deux coupes rangées dans une niche. À droite s’ouvre une porte où se tient Abu Zayd, besace à l’épaule. Il tend la main vers le garçonnet qui le prie d’entrer.
 
 

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