Le prophète Muhammad en prière
Mi'râdj nâmeh (Le Livre de l'ascension du Prophète) de Mir Haydar, suivi du Mémorial des saints de Ferid ed-Din Attar
Hérât (Afghanistan), 1436.
Papier, 265 f., 34 x 22,5 cm
BnF, département des Manuscrits, supplément turc 190, f. 44
© Bibliothèque nationale de France
Seul au milieu d'un tourbillon de flammes d'or sur fond pourpre, le Prophète, de vert et de blanc vêtu, se prosterne face contre terre, abîmé dans l'adoration de Dieu.
Le Livre de l'ascension du Prophète, Mi'râdj nâmeh, reprend un épisode esquissé dans le Coran et développé dans la tradition musulmane. Il retrace les étapes du voyage miraculeux effectué en une nuit par Muhammad, transporté jusqu'au trône de Dieu. Monté sur sa jument ailée al-Burâq, il est conduit par l'ange Gabriel de La Mecque à Jérusalem où il célèbre la prière, puis, s'élevant à travers les sept cieux au milieu des anges, il rencontre les prophètes qui l'ont précédé depuis Adam jusqu'à Ibrâhîm. Il atteint, seul, le trône divin, point extrême de son ascension. Son périple, au retour, l'emmène aux portes de l'enfer et du paradis.
Considéré tantôt comme un miracle tantôt comme une vision, le voyage nocturne du Prophète est pour les soufis le modèle du voyage mystique.
Traduit d'un original arabe, cet exceptionnel manuscrit fut achevé dans l'atelier royal timouride de Hérât en 1436 dans un contexte turco-persan ; copié en turc oriental en caractères ouigours, avec des titres en arabe et des légendes en turc et en persan en caractères arabes, il est illustré de soixante-trois miniatures dont l'iconographie s'inspire, pour certaines, de modèles bouddhistes et chamaniques hérités des turco-mongols. Bouddhisme, chamanisme, manichéisme et culte de Zoroastre – l' Arda viraf nâmeh de la littérature mazdéenne est très proche du Mi'râdj nâmeh– furent particulièrement florissants en Asie centrale jusqu'à l'apparition de l'islam.
 
 

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