Des musulmans en Chine...
25e juz' d'un coran (XLI, 47 à XLV, 37)
Chine, XVIIe siècle.
Papier, 57 f., 28 x 19 cm
BnF, département des Manuscrits, arabe 7269, f. 2 v-3
© Bibliothèque nationale de France
Bien que très tôt liée au monde islamique par les routes de la Soie, la Chine resta longtemps un monde énigmatique et isolé malgré la présence de quelques milliers de musulmans dans les provinces du Nord dès le XIe siècle. Avec la conquête du pays par Gengis Khan au XIIIe siècle, de nombreux musulmans s'installèrent, venus de l'est de l'Iran. Minorité chinoise la plus importante bénéficiant d'un statut privilégié, leur nombre atteignit alors près de 4 millions et les langues arabe et persane se répandirent. Mais avec la dynastie Ming (1368-1644), leurs particularismes furent interdits ; ils devinrent des musulmans chinois (Huihui) et leur littérature fut traduite. Il n'en resta pas moins une communauté vivante assez isolée du reste du monde islamique.
Les minces volumes souvent usés de corans – on a privilégié la copie en 30 juz' sur laquelle s'appuie la récitation coranique – témoignent de leur utilisation fréquente. Leur production standardisée, qui a peu varié au cours des siècles, se singularise par l'introduction, dans un modèle produit de la Syrie à l'Iran à la fin du Moyen Âge, d'influences locales : illusion de perspective dans les encadrements de première page, décors floraux, écriture dite sînî (chinoise), papier fait de fines feuilles collées.
 
 

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