Rustam et le div blanc
Ferdowsi, Shâhnâmeh (Le Livre des rois), [suivi de] Jâmi, Kheradnâme-ye (Livre de sagesse d’Alexandre), Qâsemi Gonâbâdi, Shâhenshâh-nameh (Livre du roi des rois), Hâtefi, Temûr-nâmeh (Le Livre de Tamerlan)
Chirâz, 1567.
Papier, 567 f., 43 × 28,5 cm
BnF, département des Manuscrits, supplément persan 2113, f. 90v-91
© Bibliothèque nationale de France
Le combat de Rustam et du div blanc est la dernière des sept épreuves que le héros doit accomplir pour délivrer le roi d'Iran Kay-Kâ'ûs, parti bien imprudemment attaquer le Royaume des démons. Le roi et ses guerriers, prisonniers et enchaînés, font alors appeler Rustam pour qu'il vole à leur secours. Le valeureux héros doit accomplir sept exploits pour le délivrer. Ces exploits sont parfois interprétés dans les milieux soufis comme les sept degrés du parcours initiatique. Durant son périple, Rustam a soumis un jeune homme ennemi, Awlad, pour qu'il lui serve de guide jusqu'à la demeure du démon, lui promettant en échange, en cas de victoire, la couronne de ce royaume. Lorsque Rustam trouve le div blanc endormi dans sa caverne, il le réveille et l'affronte en un terrible combat dont il sort victorieux.
Cette scène est l'une des plus fréquemment dépeintes de l'ouvrage : sa popularité est sans doute due au combat titanesque entre le héros et le démon qui représente les forces du mal. Rustam doit non seulement tuer le démon pour délivrer le roi mais aussi s'emparer du sang du div, seul remède pour guérir la cécité dont le démon a affligé le souverain. Le peintre a choisi d'illustrer le moment où Rustam, ayant traqué le div dans sa caverne, lui enfonce son couteau dans la poitrine. La miniature restitue bien l'intensité dramatique du combat. On en sent toute la tension dans le regard de Rakhsh, le cheval du héros, pétrifié par la peur au fond à gauche. Tandis qu'Awlad est attaché à un arbre pour l'empêcher de s'enfuir, les démons dans le trou sombre de la caverne gisent morts, le corps démembré.
À l'extérieur, les autres div effrayés, semblent courir dans tous les sens. Deux se sont réfugiés dans le grand platane. Leur description est conforme aux usages en vigueur : leurs corps humains sont de couleur sombre ou couverts de pustules et leurs faces, à moitié animales et aux sourcils proéminents, sont souvent surmontées de cornes. À moitié nus, ils sont vêtus d'un simple pagne et arborent des bracelets dorés aux bras et aux mollets.
 
 

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