Khosrow regardant Chîrîn au bain
Nezâmi, Khamseh (Cinq poèmes)
Bâghbâd (Turkménistan) et [Ispahan ? (Iran)], 1619-1624.
Papier, 386 f., 36 × 24 cm
BnF, département des Manuscrits, supplément persan 1029, f. 49v
© Bibliothèque nationale de France
L’intrigue amoureuse que Khosrow noue avec Chîrîn, une jeune princesse arménienne forme le sujet de ce long poème. Le prince a pour familier un peintre nommé Chapûr. Celui-ci lui fait un éloge vibrant de la princesse et Khosrow l’envoie en Arménie à la recherche de la jeune fille. De son côté, troublée par le portrait qu’il fait du roi à trois reprises, Chîrîn décide alors de partir sur son cheval à sa rencontre. Alors qu’elle se dirige vers la capitale de Ctésiphon, lors d’une halte auprès d’un ruisseau, Khosrow l’aperçoit pour la première fois, sans savoir qui elle est.
Cette scène très célèbre, souvent représentée par les peintres, montre Khosrow apercevant la belle Chîrîn en train de se baigner dans une source, au pied d’un arbre, entre les branches desquelles elle a déposé ses vêtements. Le cheval de la jeune fille paît à quelques mètres au bord de l’eau. L’extraordinaire richesse de la palette de l’artiste contraste avec la simplicité de la composition. Le paysage est formé d’une pente escarpée dont la couleur rose violacée s’oppose singulièrement aux tonalités vertes de la prairie et au ruisseau noir argenté. Un immense platane dont les branches s’étendent jusqu'au souverain domine la scène. Dans son feuillage automnal qui s’oppose à l’arbuste en pleine floraison, nichent des couples d’oiseaux. Le jeune souverain, un doigt à la bouche, geste qui montre sa stupéfaction, ne peut détacher son regard de la jeune fille qu’il a surprise dénudée, en train de peigner ses longs cheveux. Sous un ciel d’or, symbolisant le jour, le peintre a créé un paysage idéal.
 
 

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