Portrait du sultan Murâd III (1574-1595)
Mehmed ibn Emir Hasan al-Su’ûdî, Matâli’ al-su‘âda wa yanâbi‘ al-siyâda (Le Lever des astres chanceux et les Sources de la souveraineté)
Istanbul (Turquie), 1582.
Papier, 183 f., 31 × 20,5 cm
BnF, département des Manuscrits, supplément turc 242, f. 7 v°
© Bibliothèque nationale de France
Le sultan Mûrad III, qui régna de 1574 à 1594, est représenté ici de la façon conventionnelle propre à la peinture ottomane. L'introduction de la perspective donne une certaine impression de profondeur à la scène. Jambes croisées et tourné de trois-quarts, le sultan est assis sur une estrade recouverte d'un tapis ; un coussin est posé derrière lui. Il porte une barbe noire, habituelle pour les hommes jeunes (il avait vingt huit ans à son accession au pouvoir en 1574) et le large turban blanc propre aux sultans au XVIe siècle. Un manteau sans manches, aux bords garnis de fourrure, recouvre sa robe blanche brodée d'or. À sa droite, se trouve un bureau portatif en bois ouvragé dont l'un des tiroirs, gainé de rouge, est entrouvert. Plusieurs livres fermés témoignent de son goût pour la littérature. Il admire avec une satisfaction évidente le manuscrit ouvert sur l'un des signes du zodiaque. C'est manifestement cet exemplaire, tout juste achevé, qui vient de lui être remis, Juste derrière le manuscrit, une boite en or contient probablement une pendule, dont les sultans étaient particulièrement demandeurs auprès des ambassadeurs européens.
Sur les murs du pavillon recouverts de panneaux de céramique ou de peintures s'ouvrent trois fenêtres. Deux ont les volets clos tandis que celle qui est derrière le sultan laisse entrevoir un jardin, dont les arbres fleuris et les cyprès se profilent également en haut de l'image. Le ciel est figuré en or, couleur qui symbolise le jour. Au premier plan, un bassin presque carré, d'où partent six jets d'eau à tête animale, est entouré de petits vases remplis de fleurs. De part et d'autre, deux nains distraient le sultan. À gauche, se tiennent deux pages attachés aux appartements privés du sultan, appartenant à la classe des Has Oda aga, reconnaissable à leur coiffure. L'un tient l'épée royale dans son étui, l'autre un récipient en or. La position centrale du sultan et sa stature, soulignée par l'imposant turban, la verticalité des lignes du pavillon et la petitesse des nains, renforcent l'impression de puissance que dégage le souverain.
 
 

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