Astrologie : les professions liées aux sept planètes
Astrologie : les professions liées aux sept planètes
Mehmed ibn Emir Hasan al-Su’ûdî, Matâli’ al-su‘âda wa yanâbi‘ al-siyâda (Le Lever des astres chanceux et les Sources de la souveraineté)
Istanbul (Turquie), 1582.
Papier, 183 f., 31 × 20,5 cm
BnF, département des Manuscrits, supplément turc 242, f. 33
© Bibliothèque nationale de France
Cette double page comporte un tableau composé de 56 vignettes. La première colonne, à droite, indique en rouge le nom de chaque planète, avec sa représentation personnifiée. À gauche, sur la même ligne horizontale, sept figures dépeignent les "enfants des planètes", c'est-à-dire les différents arts, industries et professions qui lui sont associés selon ses caractéristiques. Organisées de façon similaire, les images ont généralement pour arrière plan un décor architectural : dans un mur de briques délimité en haut par une voûte en arcade s'ouvre une fenêtre à barreaux, et des tapis sont étendus à terre, alternativement bleu turquoise ou vert. Plusieurs images se déroulent à extérieur, figuré par un paysage de collines associé à un ciel diurne doré. Pour garder une unité d'ensemble, l'arcade architecturale y a été conservée.
La série commence sur la première ligne avec la planète la plus éloignée de la terre, Saturne. Elle est symbolisée, selon l'iconographie musulmane traditionnelle, par un homme à la peau noire, âgé et barbu, torse nu, une pioche à la main. En astrologie islamique et en magie, associée à la couleur noire et aux odeurs désagréables, elle gouverne les travaux laborieux ou pénibles. À sa gauche, on voit successivement un forgeron avec un marteau et une enclume, un maçon en train de faire un trou dans le mur, un forgeron en train d'entretenir le feu de son fourneau, un vendeur de poix qui semble verser un liquide noir, un portefaix ployant sous le poids de sa charge, un cureur d'égouts et son instrument, et enfin un tanneur à moitié plongé dans un bassin rempli de liquide à tanner.
À la deuxième ligne, la deuxième planète, Jupiter, est source de la sagesse, patron des gens de loi et de religion. Il est lié à tout ce qui est pur, à l'honnêteté et aux odeurs plaisantes, et sa couleur est le blanc, symbole de la pureté. Il porte toujours un manteau de dessus clair et un large turban blanc. Les professions qui lui correspondent sont de droite à gauche : un qâdî (juge) assis devant son coffret-écritoire ; un marchand adossé devant une niche contenant probablement ses marchandises ; un prêcheur s'adressant à des disciples dont le vêtement blanc témoigne de l'honnêteté ; un prêtre chrétien, ermite ou moine, homme âgé portant une robe noire et coiffé d'un chapeau rond ; un inspecteur du marché en train de punir un homme ; un fabricant de chaussures et en dernier un faiseur de bougies.
La troisième ligne est consacrée à Mars, planète à qui l'on associe les professions liées au feu et au sang. Le rouge est sa couleur. On peut voir de droite à gauche : un bourreau l'épée levée prêt à exécuter l'homme aux yeux bandés agenouillé devant lui ; un boucher qui va abattre une chèvre noire ; un vitrier assis devant un feu sur le point d'y jeter un morceau de verre ; un maréchal-ferrant posant un fer à l'une des pattes d'un cheval ; un cuisinier près du feu ; un porteur de torche et un dompteur de lion marchant à côté de son animal.
La quatrième ligne est consacrée au Soleil, gouvernant les professions de la classe dirigeante et celles liées à l'or, les métaux précieux ou les matières brillantes. De droite à gauche sont représentés : un pâdishâh assis sur un trône d'or et au couvre-chef garni d'une plume ; un Beg, un sabre dans la main gauche ; un bijoutier tenant un marteau sur une enclume ; un orfèvre attisant le feu avec ses soufflets ; un fabricant de boucliers ; un orfèvre attisant le feu avec ses soufflets ; un fabricant de boucliers ; un artisan de la soie et enfin un agent de change pesant des monnaies dans ses balances.
La cinquième ligne est réservée à Vénus patronne des arts, généralement dépeinte en joueuse de 'oud, (ici en danseuse) protégeant les musiciens et les artistes. À sa suite, on voit : un joueur de 'oud, un harpiste, un joueur de nay (flûte traversière) ; une danseuse, seul personnage féminin représenté tête nue ; un joueur de tambourins ; deux joueurs de timbales de taille différente.
La sixième ligne est consacrée à Mercure, dépeint dans la tradition islamique comme un scribe, protecteur des arts appliqués, associé à la couleur blanche. On voit : un enlumineur de manuscrits travaillant sur son écritoire ; un tailleur, une paire de ciseaux dans la main droite en train de coudre une robe rouge ; un charpentier qui tient un marteau et dont la robe rouge laisse entrevoir des pantalons blancs ; un scribe, un rouleau posé sur le genou en train d'écrire ; un tisserand travaillant à son métier ; un vendeur de médecines, dont les produits sont stockés dans une niche murale. Dans la dernière case on voit un messager du Sultan en train de courir une hache à la main.
Sur la dernière ligne figure la Lune, patronne de l'eau et des professions qui lui sont associées, comme les activités agricoles. On voit : un homme, les pieds dans l'eau, tenant un morceau de tissu dans les mains en train de fouler du lin ; un pécheur, jambes nues, sortant son filet plein de poissons hors de l'eau ; un berger au milieu de ses moutons, un bélier à ses pieds ; un cardeur de laine avec ses instruments de travail, un arceau et un maillet ; un marin et son bateau ; un chamelier et un paysan semant.
 
 

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