Un puits abandonné (non localisé)
Mehmed ibn Emir Hasan al-Su’ûdî, Matâli’ al-su‘âda wa yanâbi‘ al-siyâda (Le Lever des astres chanceux et les Sources de la souveraineté)
Istanbul (Turquie), 1582.
Papier, 183 f., 31 × 20,5 cm
BnF, département des Manuscrits, supplément turc 242, f. 80
© Bibliothèque nationale de France
L'histoire du puits abandonné est mentionnée dans un passage du Coran (sourate 22, verset 45). Cet épisode fût ensuite développé dans les Histoires de prophètes d'al-Kisâ'î'. Selon cette légende, les descendants du prophète arabe Sâlih se divisèrent en deux groupes. Quand le chef du premier groupe, qui allait vers Aden, mourut, le diable insuffla à ses compagnons l'idée de sculpter son image. L'un des descendants de Sâlih revint de La Mecque vers son peuple pour lui interdire de fabriquer des statues d'idoles et fut tué. Dieu assécha alors, pour punir les meurtriers, un puits vital à leur subsistance.
Le rapport de l'illustration à cette légende n'est pas très clair. Dans un paysage de collines roses, un homme, vêtu en orange, se tient devant une luxueuse tente dont l'ouverture, à moitié cachée par un tissu bleu décoré de motifs, laisse entrevoir un homme décharné couché sous un drap. Deux têtes de chameaux apparaissent derrière les rochers et à droite, deux montures, un cheval et un âne, sont à moitié représentées. L'homme tire, à l'aide d'une corde, un seau qui contient une tête humaine. Le puits est montré de la manière habituelle : une ouverture en haut, puis plus bas, une vue en coupe. Un div, démon à corps humain et à tête animale, pourvu d'une longue queue, est assis au fond du puits à côté du seau.
 
 

> partager
 
 

 
 

 
> copier l'aperçu