Représentation au théâtre Nakamura-za
Utagawa Toyokuni (1769-1825), vers le milieu des années 1790.
Signé : « Toyokuni ga »
Inscriptions : « Affluence » (Ôiri), en gros caractères ; sur les piliers, « Attention au feu » (Hi no yôjin) ; en haut, inscriptions illisibles
Éditeur : Nishimuraya Yohachi, Eijudô
Nishiki-e. Triptyque d'ôban tate-e. 365 x 241 mm (723x 241 mm)
BnF, département des Estampes et de la Photographie, RESERVE DE-4
© Bibliothèque nationale de France
Toyokuni a dessiné l'intérieur d'un des principaux théâtres kabuki d'Edo, le Nakamura-za, appelé à l'origine Saruwaka-za, en « image en relief », c'est-à-dire en perspective européenne (uki-e). Malgré l'isolement du Japon, les livres et les gravures d'Occident étaient connus, et la perspective très prisée. Très tôt, les artistes, tel Masanobu (1686-1764), s'y étaient essayés avec plus ou moins de talent. C'est avec un sens du pittoresque doublé d'un esprit d'observation plein d'humour, que l'artiste saisit l'effervescence qui règne dans un théâtre, lors d'une représentation attirant un nombreux public. L'inscription en gros caractères sur la bannière, ôiri (« affluence ») témoigne en effet du succès de la pièce.
L'ouverture du rideau à rayures qui s'aperçoit haut, à gauche, était accompagnée d'un bruit destiné à attirer l'attention des spectateurs dans la direction de l'entrée de l'acteur.
Celui-ci rejoignait la scène en empruntant l'hanamichi, chemin traversant la salle, à gauche. Ce « pont aux fleurs », introduit en 1666 et perfectionné en 1735, créait un lien entre le public et l'acteur, qui s'y arrêtait, introduisait l'action, stimulait la salle.
Dans cette représentation, derrière les acteurs déjà sur scène, sont assis les musiciens jouant du shamisen, instrument de musique à trois cordes accompagnant les pièces de kabuki, avec, à leur côté, les narrateurs, récitants ou chanteurs.
Dans la salle, le parterre est occupé par un grand nombre de spectateurs qui échangent leurs impressions, se restaurent, vont et viennent, s'interpellent, fument, achètent des colifichets aux colporteurs, s'échangent des messages. Aux balcons et dans les loges, des amateurs sont plus attentifs au déroulement du drame. Les colporteurs, les marchands ambulants circulent parmi l'assemblée et présentent leurs marchandises. Cette animation s'explique par la longue durée du spectacle. (G. L.)
 
 

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