Les acteurs Iwai Hanshirô IV, à droite, dans le rôle d'Hisamatsu et Nakamura Noshio II, à gauche, dans celui d'Osome
Utagawa Toyokuni (1769-1825), 1798 ?.
Signé : « Toyokuni ga »
Inscriptions : à gauche, le nom de chaque acteur, en gros caractères, et celui de leur rôle, en petits caractères
Éditeur : Nishimura Yohachi. Sous le cachet, le sceau carré : « Eijudô » (années 1730-1840)
Cachet de censure : kiwame
Nishiki-e. Format ôban. 378 x 250 mm
BnF, département des Estampes et de la Photographie, RESERVE DE-10, J. B. 656
© Bibliothèque nationale de France
Comme Sharaku, Utamaro et Kiyonaga, Toyokuni propose lui aussi à ses amateurs le thème à succès des amants tragiques. Hisamatsu et Osome vivent un amour impossible, contraire aux conventions sociales, qui ne peut avoir comme issue que le double suicide.
Hisamatsu, fille d'un prêteur sur gage d'Ôsaka, est amoureuse d'Osome, l'employé de son père. Ce fait divers, qui se déroula en 1710, fut à l'origine de plusieurs versions de jôruri et de kabuki.
C'est dans un style ornemental, tout en arabesques et en envolées, que Toyokuni figure le couple d'acteurs de kabuki : Hanshirô IV (1747-1800), connu sous ce nom de 1765 à 1800, l'un des meilleurs onnagata à Edo, et Noshio (1759-1800), acteur sous ce nom de1779 à 1800. Une ligne ondulante cerne avec sûreté les plans et les formes. Le tracé souple et régulier donne l'illusion de la continuité, et les personnages semblent modelés par les motifs très sobres des luxueuses étoffes. Les costumes participent symboliquement à l'action. Osome tente de se fondre dans la manche du kimono d'Hisamatsu. (G. L.)

Utagawa Toyokuni fit son apprentissage chez Utagawa Toyoharu I (1735-1814), fondateur de l'école Utagawa et il devint le maître le plus important de ce courant. Il s'affirma dans les portraits d'acteurs en plan rapproché accentuant l'expression des visages. Il réalisa une série très célèbre de quarante estampes, Portraits d'acteurs sur scène, entre 1794 et 1795, saisies sur le vif, parfois dans un goût ornemental et décoratif. Il chercha avant tout à imposer le rôle avec réalisme, travaillant les expressions et la gestuelle. Il réalisa aussi de nombreuses estampes de femmes élégantes. Il est l'un des plus importants novateurs de l'ukiyo-e dans la dernière période de cet art. Il eut de très nombreux élèves mais sa grande popularité et l'abondance de sa production affaiblit la qualité de ses œuvres au XIXe siècle.
 
 

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