Bandô Mitsugorô II dans le rôle d'un rônin
Utagawa Toyokuni (1769-1825).
Signé : « Toyokuni ga »
Éditeur sous la signature : Mikawaya Rihei
Nishiki-e. Format ôban. 387 x 262 mm
BnF, département des Estampes et de la Photographie, RESERVE DE-10, J. B. 640
© Bibliothèque nationale de France
Mitsugorô II (1750-1829), acteur sous ce nom de 1785 à 1799, interprète le rôle d'un rônin, un samuraï sans maître. Kana-dehon chûshingura (le « Trésor des vassaux fidèles »), du plus grand dramaturge japonais, Chikamatsu Monzae mon (1653-1724), relatait des événements tragiques qui s'étaient déroulés de 1701 à 1703. Fidèles à leur seigneur, condamné à se donner la mort pour avoir dégainé son sabre et menacé un autre daimyô, qui le provoquait, quarante-sept samuraïs désormais sans fiefs et sans ressources, le vengèrent. Se condamnant, à leur tour, à mourir honorablement, ils accomplirent un seppuku (hara-kiri) collectif. Cette pièce en onze actes créée pour le théâtre de marionnettes en 1748, fut adaptée ensuite au kabuki et se joue encore. Le tombeau des rônin se trouve dans le temple Sengakuji, au sud de Tôkyô.
Incarnant l'action violente, Toyokuni campe ici la fulgurante figure d'un rônin. La posture, construite en X, saisit le personnage sur le vif, l'épée à peine dégaînée, en position d'attaque ou de défense, un rouleau entre les dents. La silhouette, à dominante noire, cernée d'un trait incisif, s'impose, menaçante, sur un espace vide. Le graphisme, nerveux, aigu, volontairement rigide, s'adapte à la tension du corps. Toyokuni, par une couleur uniforme et quelques lignes, révèle la contraction de la musculature. Singulièrement, seule la courbure des pieds suggère l'appui ferme sur le sol.
Les calligraphies du cartouche et de la signature sont les uniques éléments qui ponctuent l'espace, tout en contribuant à sa profondeur et à l'équilibre de la composition. (G. L.)
 
 

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