Les acteurs Bandô Mitsugorô II à droite, dans le rôle de Tsubone Iwafuji, et Nakamura Matsue II ou II, dans le rôle de Chûrô Onoe
Shunkôsai Hokushû (actif de 1810 ? à 1830), 1821.
Signé : « Shunkôsai Hokushû ga »
Inscriptions : à gauche, le nom de chaque acteur, en gros caractères, et celui de leur rôle, en petits caractères
Éditeur : Wataya Kihee
Nishiki-e. Format ôban. 371 x 247 mm
BnF, département des Estampes et de la Photographie, RESERVE DE-10, J. B. 892
© Bibliothèque nationale de France
L'étrangeté des visages des deux acteurs, l'accentuation des traits, frôlant la caricature, la dureté des expressions, de même que le graphisme aigu et l'abondance des motifs décoratifs, révèlent une évolution stylistique vers la fin du premier quart du XIXe siècle.
Hokushu encadre d'un tracé continu les visages, créant un amalgame entre expression, maquillage et masque.
L'utilisation des couleurs pour créer un certain relief, notamment celles des cols, des bordures des manches et de la coiffe, les tracés heurtés des costumes sont autant d'éléments qui créent une image d'une singulière puissance, concordant avec la tension extrême des visages.
À l'origine, pièce de jôruri inspirée par un fait divers qui eut lieu en 1724, Kagamiyama kokyô no nishikie, fut adaptée au kabuki.
Les personnages dessinés par Hokushû figurent dame Tsubone Iwafuji qui, au service d'un daimyô, fait partie d'un complot visant à assassiner celui-ci et une simple servante, Onoe Chûrô, fidèle à son maître. Tsubone tend un piège à Onoe en lui mettant une lettre compromettante entre les mains. Elle dénonce alors la servante, qui est déshonorée mais qui se tait pour sauver la maison du seigneur. Le regard accusateur et cruel de Tsubone, écrasante par sa situation même dans l'estampe, et l'expression insaisissable d'Onoe, identifiable à sa coiffe de servante, tenant la lettre déroulée, fascinent par leur intensité.
On remarque les lèvres inférieures bordées de vert, maquillage très en vogue au début du XIXe siècle. (G. L.)

Peu d'éléments sont conservés sur Hokushû. Élève de Shôkôsai Hambei, portraitiste d'acteur, et d'Hokusai, il exerçait la profession de marchand de papier et écrivait des poèmes. Il débuta comme dessinateur d'estampes en 1810 et se spécialisa dans les estampes d'acteurs. Ses plus belles œuvres, incisives, – des portraits d'acteurs aux visages semblables à des masques –, furent éditées dans les années 1820.
 
 

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