Jeune samouraï à cheval
Okumura Masanobu (1686-1764), vers 1743-1747.
Signé : « Hôgetsudô shômei (« nom véritable ») Okumura Bunkaku Masanobu shôhitsu (« œuvre authentique »)
Sceau de l'artiste en forme de gourde (« Tanchôsai »)
urushi-e. Rehaussé à la main de quatre couleurs, sur papier beige. Imprimé sur deux feuilles jointes en hauteur. Format ô-ôban. 600 x 260 mm
BnF, département des Estampes et de la Photographie, RESERVE DE-11, J. B. 36
© Bibliothèque nationale de France
« Troublé par le zéphir de l'amour / les pétales des fleurs de cerisier tombent / près de la fenêtre où l'on guette » (Koi-Kaze ni / Chiru ya sakura no / Monomi mado).
Le poème traduit le romanesque de la situation et l'émoi qu'elle suscite. Un jeune samouraï élégant, sur un étalon luxueusement caparaçonné, s'arrête sous une branche de cerisier en fleurs dépassant d'un toit, devant deux jeunes femmes à une fenêtre.
La subtilité de l'estampe ukiyo-e s'exprime par des allusions, les yeux derrière la barre du vitrage, la correspondance de certains motifs : ici, les fleurs de la bordure du kimono, de l'ornement de la selle du cheval, du vêtement d'une jeune femme et de la branche de cerisier.
Le cavalier fait corps avec sa monture et la posture du cheval s'adapte à la contrainte du format étroit par une torsion de l'échine.
L'élégance équivoque de ce jeune homme efféminé (wakashu), guerrier de théâtre, qui porte l'épée mais aussi les manches flottantes comme une courtisane, pourrait évoquer des acteurs de kabuki, notamment Onoe Kikugorô (1717-1783) ou encore Sanogawa Itchimatsu I (1722-1762) dans ses rôles de jeune beau, représenté par plusieurs dessinateurs en haori, manteau qu'il portait sur son kimono, avec des motifs de tartan, dans les années 1740. Ce modèle était surnommé d'ailleurs « Ichimatsu moyô ». (G. L.)
 
 

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