Pruniers dans la nuit sans lune (Yamiyo no ume)
Harunobu Suzuki (1725-1770), vers 1765.
Signé : « Harunobu ga »
Inscriptions : le titre, en haut, à droite, et le poème, dans le nuage
Nishiki-e. Format : grand chûban. 273 x 210 mm
BnF, département des Estampes et de la Photographie, RESERVE DE-10, J. B. 251
© Bibliothèque nationale de France
« Sous un clair de lune / Qui ne permet pas de voir / Si tout se brouille dans la nuit / La manche dégage distinctement / Une senteur de prunier. »
Sous le prunier en fleurs illuminant le noir profond du ciel, un jeune homme portant un message dissimulé dans les plis de son kimono, grimpe sur l'engawa où une jeune fille l'attend en l'éclairant d'une lanterne. Il saisit la manche du vêtement de la belle, et le poème s'explique alors. Les femmes de haut rang, depuis la période Heian, parfumaient les manches de leur vêtement. Cet usage s'étendit aux élégantes d'Edo et aux courtisanes, qui prolongeaient ainsi leur présence ou la révélaient.
Le poème pourrait être inspiré du waka anonyme contenu dans la partie intitulée « Printemps » du Kokin wakashû (« Recueil de poèmes anciens et modernes »), premier recueil de waka, composé en 905 : « Plus encore que leur couleur / ce fut leur parfum qui m'émut / De qui sont ces manches / qui ont effleuré / Le prunus de ma demeure ? » Ici, contrairement au poème de l'estampe de Harunobu, c'est le prunier qui, pour l'auteur s'est imprégné du parfum des manches d'une femme. (G. L.)
 
 

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