Les douze mois du quartier sud (Minami jûni kô : jûnigatsu)
Kiyonaga Torii (1752-1815), 1783.
Signé : « Kiyonaga ga »
Nishiki-e. Format chûban. 247 x 176 mm
BnF, département des Estampes et de la Photographie, RESERVE DE-10, J. B. 114
© Bibliothèque nationale de France
Kiyonaga réalisa deux suites sur le thème du déroulement des douze mois de l'année dans le quartier de plaisir de Shinagawa, au sud d'Edo, dont le paysage attirait les visiteurs. L'atmosphère y était plus détendue que dans le quartier du Yoshiwara, et comme le mot du titre minami, qui peut signifier « regarder les beautés du Sud », le laisse présager, Kiyonaga y dépeint les comportements moins apprêtés des courtisanes de ce lieu.
En ce douzième mois (qui correspond au mois de janvier dans le calendrier grégorien), une courtisane et son client, à peine réveillés, regardent la mer à l'aube, au départ des barques de pêche. Dans la pièce voisine, une autre courtisane, de rang inférieur sans doute, mélancolique, assise derrière une cloison de papier coulissante (shôji) à décor de bambous, brûle un parfum. Elle semble écouter les propos du couple enlacé ou l'observer. Derrière elle, un vêtement est disposé sur un porte-kimono laqué.
L'intrusion d'un troisième personnage, fréquente dans les scènes galantes ou érotiques, est une manière d'inviter ou même d'intégrer le spectateur à la scène et d'appréhender l'atmosphère sensuelle et équivoque de l'estampe.
Jouant de plans se coupant en diagonale, de lignes verticales et horizontales, d'ouvertures, Kiyonaga entraîne le spectateur dans deux directions, multipliant l'espace, en largeur et en profondeur. (G. L.)
 
 

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