« Miroir des beautés des maisons vertes » (Seirô bijin awase sugata kagami)
Kitao Shigemasa et Katsukawa Shunsôs, 1776, Nouvel An.
Folios 18 v°-19, courtisanes de la maison Echizen-ya jouant aux cartes (DD-217)
Livre illustré. Volumes I et II (sur 3)
Impression xylographique polychrome. 279 x 186 mm
Signé : « Kitao Karan Shigemasa, Katsukawa Seiji Shunshô »
Éditeurs : Edo, Yamazaki Kinbee et Tsutaya Jûzaburô
BnF, département des Estampes et de la Photographie, RESERVE DD-216-217
© Bibliothèque nationale de France
Comme les Beautés du Yoshiwara (Yoshiwara bijin awase) de Harunobu, cet album illustré en trois volumes – les deux premiers sont présentés ici – dépeint, par ordre des quatre saisons, la vie, les mœurs et coutumes des courtisanes appartenant aux différentes maisons closes du Yoshiwara. L'ouvrage de Shigemasa et de Shunshô se distingue de celui de Harunobu par une mise en valeur des arrière-plans à l'intérieur de chaque « maison verte », où évoluent des courtisanes de renom. Le premier volume, Printemps et été, serait dû à Shigemasa ; le deuxième, Automne et hiver et le troisième Supplément, à Shunshô. Le nom des maisons vertes et de leurs courtisanes est indiqué sur chaque double page. Au total sont représentées cent soixante-quatre courtisanes sur 43 doubles pages d'illustrations, auxquelles s'ajoutent, dans le dernier volume, 27 pages de poèmes de haikai composés par ces courtisanes. C'est un exemplaire de luxe en parfait état de conservation avec les couvertures et étiquettes de titre imprimé d'origine.
La double page ci-contre montre l'intérieur de la maison Echizen-ya où cinq courtisanes s'adonnent à un jeu de cartes inspiré du Hyakunin isshu (« De cent poètes un poème »), la plus populaire des anthologies poétiques, comprenant cent poèmes anciens choisis par Fujiwara no Teika (1162-1241). La pratique du jeu de cartes à poèmes, apparue au XVIIe siècle, connut une vogue grandissante chez les aristocrates ; elle se répandit par la suite, dans les milieux bourgeois et parmi les courtisanes, comme l'atteste l'écrivain Fujimoto Kizan, dans son ouvrage Shikidô ôkagami (« Le Grand Miroir de la voie de l'érotisme »), datant de 1688. Depuis lors, sa popularité ne s'est jamais démentie, constituant ainsi la mémoire poétique des Japonais. (K. K.)
 
 

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