Okita de la maison Naniwaya (Naniwaya Okita)
« Six poèmes élégamment illustrés » (Fûryû rokkasen)
Utamaro Kitagawa (1753-1806), vers 1796.
Inscriptions : titre de la série dans le cartouche. À l'intérieur du cartouche carré, le portrait du poète Ariwara no Narihira et son nom : « Narihira »
Signé : « Utamaro hitsu »
Éditeur : Ômiya Gonkurô
Nishiki-e. Format ôban. 390 x 257 mm
BnF, département des Estampes et de la Photographie, RESERVE DE-10, J. B. 551
© Bibliothèque nationale de France
Okita est l'un des six portraits en buste (ôkubi-e) de beautés célèbres d'Edo, de la série Komei bijin rokkasen (« Comparaison entre les belles de six maisons »), réalisée en première édition en 1793 et rééditée quelques années après. Dans la première édition, le nom des beautés est donné sous forme de rébus, dans le cartouche carré. En plus d'être un jeu d'esprit, le rébus permettait de se plier aux édits de 1793 qui interdisaient d'écrire le nom des courtisanes. Il suffisait de traduire les motifs pour le connaître : na (« légumes verts »), [ ni/wa ] ya (« flèche ») oki (« le large ») ta (« rizière ») : Naniwaya Okita. Un autre édit du huitième mois de 1796 interdit également les rébus. Ils furent alors remplacés par le portrait et le nom d'un poète, que la beauté symbolisait, ici le poète Ariwara no Narihira. Phonétiquement les six maisons (rokkasen) de cette série correspondaient aux six poètes immortels de l'époque Heian (IXe siècle – XIIe siècle) : Ariwara no Narihira, Sôjô Henjô, Ono no Komachi, Kisen-hôshi, Ôtomo no Kuronushi et Fun'ya no Yasuhide.
Okita, serveuse dans la maison de thé Naniwaya, dans l'enceinte du temple Kannon à Asakusa, tient une tasse de thé décoré d'un motif de paulownia, son emblème personnel, posé sur un plateau de laque. Beauté moins hautaine, moins affectée qu'Ohisa, son expression bien que très réservée est beaucoup plus naturelle.
La composition est décentrée et la courtisane, vue de trois quarts, semble pénétrer dans l'espace et avancer vers un client. Utamaro fit de nombreux portraits d'Okita et d'Ohisa, parfois avec d'autres beautés, notamment dans l'estampe parodique inspirée de la scène du drame kabuki « Le Chariot brisé ». (G. L.)
 
 

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