Femme inconstante (Uwaki no sô)
« Les dix types d'études physiognomoniques de femmes » (Fûjin sôgaku juttai)
Utamaro Kitagawa (1753-1806), vers 1792-1793.
Signé : « Sômi Utamaro ga » (« Dessiné par Utamaro le physiognomoniste »)
Inscriptions : le titre de la série et le titre de l'estampe, la signature de l'artiste, le cachet de censure et le sceau de l'éditeur sont inscrits dans le cartouche vertical, de droite à gauche, dans deux cas seulement, dont celui-ci
Éditeur : Tsutaya Jûzaburô
Cachet de censure : kiwame
Nishiki-e. Fond micacé. Format ôban. 384 x 254 mm
BnF, département des Estampes et de la Photographie, RESERVE DE-10, J. B. 511
© Bibliothèque nationale de France
« La femme inconstante », frivole, voluptueuse, est figurée à la sortie de son bain, un sein découvert, vêtue d'un déshabillé décoré de couples de phénix, symbole du bonheur conjugal. Elle s'essuie les mains à une serviette négligemment jetée sur son épaule. Sur son déshabillé (yukata) est noué le obi, parsemé de plumes de faucon. Sa chevelure est ornée de deux peignes différents. Celui qui est ovale – souvent pris pour une trompette ! – est simplement destiné à retenir momentanément la chevelure).
C'est l'un des dix portraits de femme à mi-corps, dont huit sont connus, réalisés dans une démarche précise par Utamaro. Les premiers, intitulés Dix types d'études physiognomoniques féminines « Fujin sôgaku juttai », sont signés « sômi Utamaro ga » (« dessiné par Utamaro le physiognomoniste »). Les quatre autres sont intitulés Dix exemples de physionomies féminines (« Fujo ninsô juppon ») et sont signés « sôkan Utamaro kôga » (« scrupuleusement dessiné par Utamaro qui étudie les physionomies »). L'artiste modifia le titre, peut-être pour faciliter la compréhension du thème.
Ces portraits sont parmi les premiers à inaugurer le modèle à mi-corps se détachant sur un précieux fond micacé. L'artiste se plaît à étudier les multiples facettes de l'éternel féminin, à en découvrir l'essence même, et y attache autant d'importance qu'aux plus remarquables portraits individualisés de courtisanes.
Utamaro ne cherche pas à réaliser un portrait mais à saisir, sur des visages, des expressions liées à la psychologie, révélatrices de types, ou à capter dans des attitudes des constantes caractéristiques du comportement féminin. (G. L.)
 
 

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