« Cortège de courtisanes se rendant à un concours de tir à l'arc »
Utamaro Kitagawa (1753-1806), 1805 d'après le cachet de datation.
Signé : « Utamaro hitsu » sur chaque feuille.
Éditeur : Wakasaya Yoichi, Jakurindô.
Cachet de censure : kiwame, précédé d'un cachet de datation, 10e mois (année 1805)
Nishiki-e. Gaufrage des motifs des kimonos. Triptyque d'ôban. 374 x 254 mm (374 x 762 mm)
BnF, département des Estampes et de la Photographie, RESERVE DE-5, J. B. 517
© Bibliothèque nationale de France
Un somptueux cortège de jeunes femmes descendues d'un chariot princier pour se rendre à un concours de tir à l'arc, traverse l'estampe avec animation. Les deux premières bijin portent chacune un arc et un carquois. Une autre abrite sous une ombrelle une princesse à la coiffure ornée de bijoux, tenant un éventail. Les suivantes tiennent une couronne, un parasol dans son étui, un pliant. Le groupe, luxueusement vêtu, se déplace dans un chatoiement de soieries très colorées à motifs de feuilles d'érable, de pin, de bambous, de chrysanthèmes, de pruniers, de cerisiers et de vagues. Peut-être une évocation des quatre saisons dont les arts décoratifs s'inspiraient souvent. Utamaro, par l'accumulation des riches ornements et l'animation des silhouettes, arrive à suggérer jusqu'au bruissement des étoffes.
La pratique du tir à l'arc (kyûdô), considéré comme une quête spirituelle, faisait partie de la formation des futurs guerriers. L'arc japonais (yumi), long de deux mètres environ, créé pour des cavaliers, est considéré comme un objet sacré ; il est censé conjurer les mauvaises influences lorsqu'on fait vibrer sa corde de soie. À l'époque d'Edo, les femmes pratiquent aussi le tir à l'arc.
Cette scène, qui reste énigmatique, pourrait être une image parodique. (G. L.)
 
 

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