« La préparation de tôfu » (Gion-dôfu)
« Douze activités manuelles féminines » (Fujin tewaza jûni-kô)
Utamaro Kitagawa (1753-1806), vers 1798-1799.
Signé : « Utamaro hitsu »
Inscription : le titre de la série est inscrit dans un cartouche vertical. Il n'y a pas de titre pour chaque estampe
Éditeur : Wakasaya Yoichi
Nishiki-e. Format ôban. 370 x 240 mm
BnF, département des Estampes et de la Photographie, RESERVE DE-10, J. B. 510
© Bibliothèque nationale de France
Utamaro consacra une série de douze estampes aux travaux manuels féminins, souvent en liaison avec les mois de l'année : coiffure, fabrication de tôfu, étirage des étoffes, peinture sur soie, vente de poudre et de brosses à dents, broderie de kemari (balles de jeu), calligraphie, couture.
L'artiste anoblit par la perfection des gestes, par le détail sublimé, ces activités quotidiennes, dévoilant sa sensibilité singulière devant les expressions et les attitudes de ces femmes, sereines, accomplissant ces taches avec des gestes séculaires. Comme toujours, il atteint par une observation sensitive, l'essence même de ce qu'il regarde.
Ici, les deux vendeuses de tôfu, coiffées d'un tenugui (étoffe blanche utilisée comme foulard) sont installées devant un restaurant dont on distingue le rideau d'entrée et la lanterne à gauche. Près d'elles un panier, avec des baguettes, à droite. L'une, vêtue d'un kimono orné de momochidori (pluviers) prépare le tôfu, une pâte de graines de soja, en le découpant avant de l'enfiler dans une tige de bambou pour le faire griller. Il sera ensuite tartiné avec de la pâte miso, faite avec des graines de soja fermentées (le nom de Gion-dôfu désigne cette préparation). Cette spécialité appréciée à Kyoto, fut commercialisée à Edo en 1769, par le magasin Eirakuan, à Asakusa Umamichi. L'autre jeune fille active le feu avec un uchiwa. L'ensemble offre une harmonie de couleurs discrètes dans les tons roses, gris, beiges, ivoires. (G. L.)
 
 

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