Kanzan et Jittoku
Harunobu Suzuki (1725-1770), 1765-1770.
Signé : « Suziki Harunobu ga »
Inscriptions : poème waka, en haut, et signature du poète, à droite, « Jisshô »
Éditeur : inconnu
Nishiki-e. Suminagashi (immersion du papier dans de l'eau où flottent des traînées d'encre).
Format grand chûban. 356 x 210 mm
BnF, département des Estampes et de la Photographie, RESERVE DE-10, J. B. 207
© Bibliothèque nationale de France
Le jeune couple parodie un thème d'origine chinoise, Hanshan et Shide (en japonais : Kanzan et Jittoku), deux moines très amis incarnant les vertus du zen, l'un la connaissance, l'autre la théorie. Le premier, poète, a traditionnellement pour attribut un rouleau, à l'origine un sûtra (canon bouddhique). Ici, il se penche sur une lettre d'amour issue de l'« Anthologie des poèmes d'amour à la mode » (Fûga wakashû). Le second, travaillant aux cuisines, manie un balai. Une femme s'est substituée au moine. Ces personnages burlesques devinrent légendaires sous la dynastie Tang (618-907).
L'autre poème d'amour qui se mêle aux marbrures du papier, un waka, poème d'origine classique de trente et une syllabes, est signé Jisshô, un moine poète du Moyen Âge. Il évoque l'incertitude de l'amour, son caractère éphémère.
L'atmosphère poétique est accentuée par le chatoiement du fond marbré, qui traditionnellement agrémente les livres de poésie. (G. L.)
 
 

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