« Parodie du chariot brisé » (Mitate Kuruma-biki)
Utamaro Kitagawa (1753-1806), vers 1793.
Signé : « Utamaro hitsu »
Inscription : « Shihei daijin, Tomimoto Toyohina », « Sakura-Maru, Takashima Ohisa », « Umeô-Maru, Tachibanaya Otatsu », « Matsuô-Maru, Naniwaya Okita »
Éditeur : Yama-Den. Cachet de censure : kiwame
Nishiki-e. Double ôban. 327 x 423 mm
BnF, département des Estampes et de la Photographie, RESERVE DE-11, J. B. 563
© Bibliothèque nationale de France
Cette parodie de la scène du début du troisième acte de la pièce de kabuki Sugawara denju tenari kagami, issue du théâtre de marionnettes, s'inspire d'un épisode de la vie de Sugawara no Michizane (845-903), gouverneur de la province de Sanuki, et de Fujiwara Tokihira. Le premier fut nommé ministre par l'empereur Daigo. En 901, les Fujiwara, jaloux, l'accusèrent de complot et il fut envoyé en exil dans une île au sud-ouest de l'archipel, le Kyûshû. Vingt ans après sa mort, Sugawara no Michizane fut réhabilité et vénéré par le peuple qui en fit le dieu de la culture.
Utamaro a substitué des beautés contemporaines aux personnages historiques lors d'un déplacement en chariot de Fujiwara no Shihei, vers un temple. La belle geisha Toyohina, dans le char, identifiable aux bouquets de narcisses qui ornent son kimono, figure Fujiwara no Shihei, l'ennemi de Sugawarano Michizane. Les trois autres jeunes femmes se substituent aux trois frères Maru dont un seul, Matsuô, est fidèle à Shihei. Ce dernier est représenté par Okita, au centre, tenant un parasol, le kimono orné de fleurs de paulownia. Les deux autres frères Maru, Umeô et Sakura, sont remplacés respectivement par Otatsu, à droite, armée d'une épée, et par Ohisa, à gauche, également armée d'une épée. Ils tentent d'arrêter le chariot mais Shihei brise le chariot et apparaît. Sa présence imposante, et la protection de Matsuô les en empêchent.
La position dominante de Toyohina (Shihei), l'ampleur de ses gestes dans une envolée de manches de kimono et celle d'Ohisa, assise au sol, s'adaptent à l'action et la concrétisent par une composition descendante, en diagonale.
Un pin, un cerisier et des branches de prunier – emblèmes des trois frères –, encadrent Shihei à droite, ajoutant au sens de l'estampe.
Les noms des beautés sont encore inscrits sur les premières éditions de l'estampe. Ils furent ensuite effacés conformément à l'édit de 1793 interdisant d'écrire le nom des jeunes femmes. (G. L.)
 
 

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