« Réunion de sept jeunes femmes symbolisant les sept dieux du bonheur »
Eishi Hosoda (1756-1829), 1793.
Signé : « Eishi ga » sur chaque feuille
Éditeur : Nichimuraya Yohachi. Sceau de l'éditeur sur chaque feuille
Cachet de censure, kiwame, sur chaque feuille
Triptyque d'ôban. 380 x 255 mm (380 x 765 mm)
BnF, département des Estampes et de la Photographie, RESERVE DE-10
© Bibliothèque nationale de France
Sept jeunes femmes, personnages allégoriques, sont accompagnées d'une femme de la bonne société et de sa servante lors d'une promenade en bateau sur la Sumida. La proue du bateau est en forme de hôô, oiseau mythique qui s'apparente au phénix. Le bateau du Trésor ou de la Fortune (Takarabune), est un thème favori du Nouvel An. Il a une signification emblématique et heureuse, la promesse d'une année favorable. Ce vaisseau fantôme aurait accosté au Japon la veille du Nouvel An, chargé d'objets précieux (« takaramono »). Ces dix-neuf objets ont chacun une signification emblématique et heureuse. Leur représentation est très répandue dans l'art japonais. Ils sont souvent associés aux sept dieux du bonheur (Shichifukujin).
Benten ou Benzaiten, seule divinité féminine, serait l'avatar de la déesse hindoue Sarasvatî, symbole de la beauté, que caractérise la blancheur de son teint. Protectrice des beaux-arts, déesse de l'érudition et de la chance, elle joue ici du biwa, sorte de luth chinois, introduit au Japon à l'époque de Nara. Ebisu, connu depuis l'époque de Heian, est considéré comme une divinité étrangère qui aurait abordé les côtes du japon avec la richesse venue de la mer. Il est le dieu de la prospérité et du commerce. Il est souvent représenté en pêcheur. C'est peut-être la jeune femme qui tient un bateau de papier. Fukurokuju, serait celle qui tient une grue de papier.
Quant aux autres dieux, Bishamon, Daikoku, Hotei et Jurô, ils ne sont pas identifiables. En effet les objets tenus par les jeunes femmes, éventail, eboshi, brûle-parfum, rouleau, ne correspondent pas aux attributs habituels des dieux.
Une petite table chargée de coupes à saké, de rouleaux d'étoffe et, en poupe, les symboles de longévité et du Nouvel An, le pin et le bambou, complètent la cargaison du bateau.
L'agitation des vagues, les ondulations des drapés des kimonos, la variété des couleurs et des motifs dynamisent l'ensemble. Les figures situées deux à deux sur des diagonales rythment leur succession. L'animation de la composition est soutenue par l'attitude des beautés, la position des têtes, l'orientation des regards et la gestuelle. Le tout est cerné par les bords noirs du bateau, la proue et les végétaux. C'est l'un des principaux triptyques d'Eishi.
Le thème du « bateau du trésor » fut maintes fois traité par les artistes de l'ukiyo-e. Eishi le reprit dans une série de sept beautés gravées isolément. Harunobu, dans les années 1760, avait aussi exécuté une série de sept beautés accompagnées chacune d'un des dieux. Shunshô compara sept types de personnages élégants d'Edo aux dieux du bonheur : jeune femme, courtisane, dandy. (G. L.)
 
 

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