Série de douze gravures imprimées à l'aide de deux ou trois
couleurs (
benizuri-e), à laquelle on donne parfois le nom de
Rouleau
enluminé de la porte et de la tige précieuse (
Yarikuri
emaki). Cette série rarissime (le seul autre exemplaire connu, reproduit
par R. Lane en 1995, ne comporte que cinq gravures sur douze et une préface)
présente une composition particulièrement ingénieuse, en
utilisant de manière horizontale un format très étroit (
hashira-e)
conçu à la fin des années 1730 pour des gravures verticales.
Ces œuvres sont attribuées au peintre et illustrateur Shimokôbe
Shûsui, qui fut actif à Kyôto dans la seconde moitié du
XVIII
e siècle et s'inspira de la manière
de Sukenobu. Il manque ici seulement la préface datée de 1771 et
signée du pseudonyme Dôrakutei shujin (« le Maître de la Demeure
du dilettante »). Ces gravures influencèrent sans aucun doute la célèbre
série de douze estampes au format identique de Torii Kiyonaga,
Le
Rouleau de la manche (
Sode no maki, vers 1785).
Huit de ces
gravures de Shûsui de la collection George Barbier furent reproduites dès 1925
dans l'ouvrage de François Poncetton
Les Érotiques japonais - l'une
des premières publications consacrées à ce genre de l'estampe
japonaise - avant d'être données à la Bibliothèque
nationale de France. (C. M.)