Première estampe de la serie « Les douze voies de l'amour » (Shikidô jûni-ban)
Kiyonaga Torii (1752-1815), vers 1783-1785.
Sans signature
Nishiki-e, format ôban. 251 x 366 mm
BnF, département des Estampes et de la Photographie, RESERVE AE-89 fol.
© Bibliothèque nationale de France
Kiyonaga a représenté dans cette série de douze planches, à l'origine reliées en album, les ébats amoureux d'autant de couples. Il s'agit de l'une des premières séries importantes de grand format (ôban). La présente gravure illustre le rendez-vous secret d'un fils et d'une fille de marchands dans une maison de thé réservée à ce genre de rencontre (deai-jaya). L'artiste a resserré la composition sur les personnages, supprimant pour ainsi dire tout élément de décor superflu. Son dessin se caractérise par la souplesse des lignes et le rendu décoratif des parures. Comme dans la plupart des autres gravures de la série, l'artiste reproduit le bref dialogue des deux amants, dans la langue parlée de l'époque, comme pour rendre l'atmosphère du moment. Le jeune homme, prévenant mais ferme : « – Ça sera peut-être douloureux, soit un peu courageuse ». La jeune fille : « – Oh, je suis tellement heureuse. Mais j'ai l'impression que quelqu'un vient ! ». Le jeune homme, rassurant : « – Quoi donc, mais non, il n'y a personne. ». Ce type de dialogue, par sa crudité et sa banalité, contraste avec la connotation littéraire des textes qui ornent les estampes érotiques des prédécesseurs de Kiyonaga, comme Harunobu par exemple. (C. M.)
 
 

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