« Ushibori dans la province de Hitachi » (Jôshû Ushibori)
Les « Trente-six vues du mont Fuji » (Fuji sanjûrokkei), 20e vue
Hokusai Katsushika (1760-1849), vers 1829-1833.
Série de 46 planches, 36 estampes à cerne bleu et 10 planches supplémentaires à contour noir
259 x 373 mm
Signatures (variables d'une planche à l'autre) : « Hokusai aratame litsu hitsu » / « zen Hokusai litsu hitsu» / « Hokusai litsu hitsu » / « zen saki no Hokusai litsu hitsu »
Inscriptions : titre de la série, suivi du titre de l'estampe dans un cartouche rectangulaire, dans la partie supérieure, tantôt à droite, tantôt à gauche
Éditeur : Eijudô (Nishimuraya Yohachi)
Cachet de censure : kiwame. Certaines épreuves ne portent ni le sceau de l'éditeur, ni celui du censeur
Nishiki-e ; format ôban yoko-e (horizontal), soit environ 250 x 380 mm avec les marges
BnF, département des Estampes et de la Photographie, RESERVE DE-10
© Bibliothèque nationale de France
Cette vue atteste une grande recherche géométrique, la proue d'une grande jonque formant la diagonale de la composition. Hokusai figure avec précision tous les détails de cette barque de transport, amarrée au milieu des roseaux et aménagée en habitation, avec son mât abaissé, sa cargaison, ses cabines, ses occupants, et même l'action d'un homme occupé à vider par dessus bord le contenu d'un récipient qui a sans doute servi à la préparation d'un repas.
Il témoigne en cela de l'attention particulière qu'il porte à la vie des gens du peuple, artisans et paysans, qu'il aime à représenter dans leurs occupations quotidiennes, en symbiose avec la nature. Soit l'homme est en proie avec une nature toute-puissante, grandiose et menaçante, comme nous pouvons l'observer dans Sous la vague au large de Kanagawa et Kajikazawadans la province de Kai, soit il communie avec elle, dans une harmonie tranquille et sereine.
Hokusai fixe ici un moment éphémère, une action humaine très brève. La scène est d'une quiétude parfaite mais un seul bruit et un seul mouvement, celui de l'homme qui verse dans le marais l'eau qui a dû servir à la cuisson du riz, provoque l'envol de deux hérons. Cette représentation d'un instantané, d'une impression éphémère est caractéristique de l'ukiyo-e, « images d'un monde éphémère et flottant ».

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